
 
| LE SYSTÈME
BILIAIRE \ E.A. Shaffer |
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495 |
1. MALADIE LITHIASIQUE
Les calculs biliaires (lithiase biliaire ou
cholélithiase) sont la cause la plus courante de maladie des voies
biliaires chez l’adulte; de 20 à 30 millions de personnes souffrent de
cette affection en Amérique du Nord. Environ un homme sur cinq et une
femme sur trois présenteront un jour une lithiase biliaire. Au Canada, la
cholélithiase constitue un risque important pour la santé, car elle est
responsable d’environ 130 000 admissions à l’hôpital et de 80 000
cholécystectomies par année. La cholécystectomie vient au deuxième
rang parmi les interventions chirurgicales pratiquées le plus souvent au
Canada et aux États-Unis, où elle est effectuée six ou sept fois plus
souvent qu’au Royaume-Uni ou en France. Bien que la fréquence de la
lithiase biliaire diffère entre les pays et les régions, elle est élevée
en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord (tableau
1). L’arrivée récente de la cholécystectomie laparoscopique a
contribué à accroître le recours à l’intervention chirurgicale.
Cette variance laisse supposer une utilisation excessive de notre système
de soins de santé, surtout si l’on considère qu’aussi peu que 20 %
des patients deviennent symptomatiques.
TABLEAU
1. Fréquence de la lithiase biliaire dans différents pays
|
Très fréquente
(30 % à 70 %) |
Fréquente
(10 % à 30 %) |
Assez fréquente
(<10 %) |
Rare:
environ 0% |
États-Unis (Amérindiens)
Suède
Chili
Tchécoslovaquie
États-Unis (Latino-Américains) |
États-Unis (Blancs)
Canada (Blancs)
Russie
Royaume-Uni
Australie
Italie
Allemagne |
États-Unis
(Noirs)
Japon
Sud-Est asiatique
Nord de l’Inde
Grèce
Portugal |
Afrique de
l’Est
Canada (Inuits)
Indonésie
Afrique de l’Ouest
Sud de l’Inde |
|
| 1.1
Classification des calculs de la vésicule biliaire et du cholédoque |
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495 |
Il existe deux grands types de calculs
biliaires (tableau 2).
1. Les calculs de cholestérol sont des pierres cristallines dures
qui contiennent plus de 50 % de cholestérol et diverses quantités de
protéines et de sels de calcium. Ils sont les plus fréquents (> 85 %)
en Occident.
2. Les calculs pigmentaires sont constitués de plusieurs sels de
calcium insolubles qui ne sont pas des composants habituels de la bile.
Les calculs pigmentaires peuvent être subdivisés en 1) calculs
pigmentaires noirs qui comprennent un polymère linéaire de la bilirubine,
de grandes quantités de sels de calcium sous forme de phosphate et de
carbonate (rendant 50 % de ces calculs radio-opaques) et seulement
quelques traces de cholestérol; 2) calculs pigmentaires bruns, constitués
en grande partie de bilirubinate de calcium, un polymère amorphe, et de
sels calciques d’acides gras, ce qui explique leur friabilité terreuse.
TABLEAU
2. Classification des calculs
|
|
|
Pigment
|
| Caractéristique |
Cholestérol |
Noir |
Brun |
|
| Composition |
Cholestérol |
Polymère de
bilirubine
Sels de calcium (phosphates, carbonates) |
Bilirubinate
de calcium
Savons de calcium (palmitate, stéarate) |
| Consistance |
Cristalline |
Dure |
Molle et
graisseuse |
| Siège |
Vésicule
biliaire
Cholédoque +/– |
Vésicule
biliaire
Canaux biliaires |
Cholédoque |
| Radiodensité |
Translucide
(85 %) |
Opaque (50 %) |
Translucide
(100 %) |
| Associations
cliniques |
Métabolisme |
Hémolyse
Cirrhose |
IInfection
Inflammation
Infestation |
|
| 1.2 Principe
de la formation des calculs biliaires |
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1.2.1 CALCULS DE CHOLESTÉROL
La formation des calculs de cholestérol
compte trois étapes (figure 1).
1.2.1.1 Étape chimique
La bile sécrétée par le foie devient
sursaturée en cholestérol. Cette bile anormale contient un excès de
cholestérol par rapport aux agents solubilisants, notamment les sels
biliaires et le phospholipide lécithine. Cette étape peut se manifester
dès la puberté et est souvent associée à l’obésité. Le foie, peut-être
en raison d’une programmation génétique, produit une bile sursaturée
à cause d’une diminution de la sécrétion de sels biliaires ou d’une
augmentation de la sécrétion de cholestérol, voire des deux à la fois.
L’obésité est associée avec une sécrétion excessive de cholestérol.
En présence d’une affection ou d’une défectuosité de l’iléon, la
malabsorption des sels biliaires interrompt la circulation entéro-hépatique,
réduit le retour hépatique de ces sels et, par conséquent, en diminue
la sécrétion. La réduction du flux biliaire dans le foie produit une
bile lithogène contenant une quantité excessive de cholestérol.
1.2.1.2 Étape physique
Le cholestérol en excès produit dans la
solution un précipité sous forme de microcristaux. Un facteur de nucléation
(p. ex. la mucine) sécrété dans la bile accélère cette précipitation
déjà assez rapide, mais ce facteur peut aussi faire défaut.
1.2.1.3 Développement des calculs
biliaires
Les microcristaux de cholestérol précipités
dans la bile sont retenus dans la vésicule biliaire et s’agglomèrent
pour former des calculs macroscopiques, parce que chez les sujets qui développent
des calculs, l’épithélium vésiculaire sécrète un excès de mucus
riche en mucine, une glycoprotéine. Ce gel muqueux crée une capsule
colloïdale qui emprisonne les microcristaux de cholestérol, les empêchant
d’être éjectés de la vésicule biliaire. La mucine sert aussi de
charpente pour l’addition d’autres cristaux. Un manque de contractilité
des muscles lisses de la vésicule biliaire a pour conséquence
d’entraver l’évacuation de cette matière solide.
La « boue biliaire » est composée de bilirubinate de calcium, de
micro-cristaux de cholestérol et de mucine. À l’échographie, la boue
biliaire consiste en une matière échogène qui s’étale en couches
mais ne projette pas d’ombre acoustique, contrairement aux calculs. La
boue biliaire se forme dans des conditions qui favorisent une stase dans
la vésicule biliaire, comme au cours de la grossesse ou de la nutrition
parentérale totale. Souvent asymptomatique et sujette à disparaître, la
boue dans la vésicule biliaire peut engendrer une douleur de type
biliaire, se transformer en calculs ou encore provoquer une pancréatite.
1.2.2 CALCULS PIGMENTAIRES
En Amérique du Nord, les calculs
pigmentaires noirs constituent environ 15 % des calculs biliaires présents
au moment de l’intervention chirurgicale (cholécystectomie). Ils sont
fréquemment associés avec l’hémolyse ou avec la cirrhose alcoolique (tableau
3). Leur formation repose fondamentalement sur une sécrétion
excessive de bilirubine dans la bile. Les calculs pigmentaires bruns sont
associés avec une infection (souvent attribuable à un rétrécissement)
ou stagnation avec infestation (p. ex. douves du foie) des voies biliaires,
ce qui prédispose à la cholangite chronique et éventuellement au
cholangiocarcinome. L’infection et l’inflammation augmentent la
concentration en b-glucuronidase, enzyme qui déconjugue
la bilirubine; la bilirubine libre qui en résulte se polymérise et se
lie au calcium pour former du bilirubinate de calcium dans les canaux
biliaires.
TABLEAU
3. Facteurs de risque de la formation des calculs biliaires
|
| Facteurs |
Calcul
pigmentaire |
Calcul de
cholestérol |
|
| Démographie |
|
|
Race
Sexe féminin
Âge
Hérédité |
Asiatiques
?
+
Hémoglobinopathies |
Amérindiens
++
++
++ |
| Alimentation |
+ |
Obésité (régime
hypercalorique)
Réduction de poids
Haute teneur en graisses animales
Faible teneur en fibres |
| Stase de
la vésicule biliaire |
+
Nutrition parentérale totale |
++
Réduction de la fréquence des repas
Vagotomie
Grossesse |
| Hormones
sexuelles féminines |
|
|
Multiparité
/ fertilité
Contraceptifs oraux
Oestrogènes |
-
-
- |
Début précoce
des règles
+
+ |
| Maladie
associée |
Cirrhose
Anémie hémolytique
Infections biliaires |
Fibrose
kystique
Maladie ou dysfonction iléale
Diabète sucré |
| Médicaments |
Clofibrate |
|
|
| ++
= certain; + = probable; ? = incertain; – = inconnu |
| 1.3 Évolution
naturelle de la maladie lithiasique |
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498 |
Les calculs biliaires grossissent au rythme
d’environ 1 à 2 mm par année au cours d’une période de 5 à 20 ans
avant que les symptômes ne se manifestent. La lithiase biliaire est
souvent « silencieuse » sur le plan clinique et est découverte au
hasard d’une échographie de pratique courante réalisée à d’autres
fins. La plupart des patients porteurs de calculs biliaires (80 %) ne présenteront
jamais de symptômes. Dans les cas où les patients deviennent
symptomatiques, ils éprouvent ordinairement des douleurs biliaires au
cours des 5 à 10 premières années. Les complications viennent du fait
que, selon le cas, les calculs obstruent :
1. le canal cystique, donnant lieu à une cholécystite qui se manifeste
tout d’abord par une inflammation chimique et se complique par la suite
d’un envahissement bactérien;
2. le canal cholédoque, ce qui cause une obstruction biliaire (cholestase),
parfois accompagnée d’une infection bactérienne des voies biliaires (cholangite)
(figure 2).
| 1.4 Caractéristiques
cliniques |
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499 |
La colique biliaire survient lorsque
l’obstruction causée par un calcul produit une distension soudaine de
la vésicule ou des voies biliaires, voire des deux à la fois. Le terme
« colique » est inapproprié puisque la douleur abdominale n’augmente
ni ne diminue de façon spasmodique. Elle débute au contraire de façon
brutale, s’intensifie rapidement et demeure constante pendant 1 à 3
heures avant de disparaître graduellement en 30 à 90 minutes, pour ne
laisser qu’un vague malaise. Sa durée peut être inférieure à 1 heure,
mais elle est toujours supérieure à 15, 30 minutes. Bien que la douleur
biliaire puisse se manifester après un repas gras ou épicé, ce genre
d’« intolérance postprandiale aux graisses » n’est pas spécifique
à la maladie des voies biliaires. La colique biliaire siège
habituellement au niveau de l’épigastre ou de l’hypocondre droit
(quadrant supérieur droit de l’abdomen). Transmise par les nerfs
splanchniques, la douleur biliaire, comme la douleur angineuse, peut
irradier vers le dos, l’omoplate droite, la pointe de l’épaule, le
long du bras ou dans le cou. La douleur peut aussi se limiter au dos. Il
faut habituellement recourir à des analgésiques pour la soulager. Les épisodes
douloureux surviennent de façon irrégulière, séparés par des
accalmies de quelques jours à quelques années. L’intensité de cette
douleur viscérale varie également; la colique biliaire siège profondément
et n’est pas aggravée par le mouvement. Le patient est habituellement
agité et peut présenter des symptômes vasomoteurs comme la
transpiration et la pâleur. La crise aiguë s’accompagne souvent de
nausées et de vomissements. Il n’y a ni fièvre ni frissons, sauf en
cas d’infection.
TABLEAU
4. Comparaison entre la colique biliaire et la cholécystite aiguë
|
|
Colique
biliaire |
Cholécystite
aiguë |
|
Douleur
Durée
Vomissements
Début
Ictère
Sensibilité à la palpation
Fièvre
Leucocytose
Résolution |
Constante
> 3 heures
Oui
Rapide
Non
Hypocondre droit
Non
Minime
Spontanée |
Constante
Heures à jours
Oui
Variable
Tardif (20 %)
Hypocondre droit
Oui
Marquée
Spontanée (environ 66%) |
|
Un épisode de colique biliaire
s’accompagne parfois d’une sensibilité à la palpation de
l’hypocondre droit ou de l’épigastre. La douleur disparaît au cours
de la crise ou souvent peu après. Il n’y a aucun signe d’irritation péritonéale.
Souvent, l’examen physique est tout à fait normal.
Les épreuves de laboratoire sont habituellement normales. Chez 10 % à
20 % des patients, on peut observer une légère hausse des taux sériques
de bilirubine, de phosphatases alcalines, des aminotransférases (AST et
ALT) ou de g-glutamyl transpeptidase (GGT).
Entre les crises, le patient se sent bien. Les analyses biochimiques de
la fonction hépatique sont normales. La maladie demeure stable pendant de
nombreuses années. Le patient qui éprouve de fréquents épisodes de
douleur biliaire continuera probablement à les subir de la même façon.
Une douleur de 6 à 12 heures, surtout lorsqu’elle s’accompagne de
vomissements répétés ou de fièvre, suggère une cholécystite ou une
pancréatite (tableau 4).
Au contraire, la douleur abdominale et le ballonnement soulagés par la défécation
évoquent le syndrome du côlon irritable.
La radiographie établit le diagnostic de
la lithiase (sauf si l’affection est symptomatique). Un cliché simple
de l’abdomen permet de découvrir de 10 % à 15 % des calculs à forte
teneur en calcium, qui se projettent dans l’hypocondre droit sous forme
d’opacités. L’échographie est la méthode la plus sensible et la
plus spécifique pour déceler les calculs biliaires (images échogènes
projetant une ombre acoustique) ou un épaississement de la paroi vésiculaire
(signe d’une inflammation). Dans les cas où l’on soupçonne une cholécystite
aiguë, la choléscintigraphie (HIDA) sera utile au diagnostic parce que
la présence d’un calcul obstruant le canal cystique empêchera de
visualiser la vésicule biliaire.
1.6.1 TRAITEMENT MÉDICAL
1.6.1.1 Traitement symptomatique
Le traitement doit être essentiellement
abstentionniste chez les adultes porteurs de lithiase biliaire
asymptomatique, puisque la plupart n’éprouveront jamais de problèmes.
Pour les patients qui présentent des symptômes bénins sans
complications importantes, ou qui s’opposent ou ne sont pas aptes à
subir une intervention chirurgicale, le traitement médical offre des
techniques destinées à dissoudre, à fragmenter ou à extraire les
calculs.
1.6.1.2 Traitement dissolvant
1.6.1.2.1 Dissolution par les acides
biliaires
Administrés par voie orale, les acides
biliaires peuvent dissoudre les calculs de cholestérol. Deux acides
biliaires, l’acide chénodésoxycholique et l’acide ursodésoxycholique
permettent de réduire la saturation en cholestérol. Les calculs doivent
être translucides aux rayons X, et vraisemblablement composés de cholestérol;
de plus la vésicule biliaire doit être fonctionnelle (c.-à-d. se
remplir et se vider par un canal cystique libre) afin que les calculs
baignent dans une bile non saturée. La fonction de la vésicule biliaire
peut être évaluée soit par visualisation, au moyen de la cholécystographie
orale ou de la choléscintigraphie, soit par l’échographie qui
permettra de déceler une modification du volume de la vésicule après un
repas riche en graisses. On a rapporté un taux de succès de dissolution
variant entre 13 % et 80 % sur une période de un à deux ans. Le taux de
succès dépend grandement de la grosseur des calculs. Les calculs doivent
être inférieurs à 1,5 cm de diamètre. On obtient les meilleurs résultats
avec les petits calculs. Le patient idéal présente des calculs
minuscules (< 0,5 cm), flottants à la cholécystographie orale, signe
d’une faible teneur en calcium. Le taux de succès dépasse alors 80 %.
On obtient de moins bons résultats avec les calculs volumineux et chez
les sujets obèses. L’acide chénodésoxycholique (15 mg/kg/j), bien que
moins cher, entraîne des effets indésirables importants, dont une diarrhée
liée à la dose et des troubles hépatiques. L’acide ursodésoxycholique
administré à raison de 8 à 10 mg/kg/j constitue par contre le médicament
de choix, sans compter qu’il réduit également la fréquence des épisodes
de colique hépatique. Un traitement d’association par ces deux agents
à des doses moindres peut se révéler tout aussi efficace et sûr. Le
traitement par l’acide désoxycholique peut causer une calcification des
calculs biliaires, annulant ainsi la dissolution; le traitement
d’association évite ce problème. De 15 % à 20 % des patients peuvent
bénéficier du traitement par l’acide ursodésoxycholique. Même si les
calculs ont été dissous avec succès, une récidive de la lithiase
surviendra chez 50 % des patients qui ont cessé le traitement, mais la
majorité d’entre eux demeureront asymptomatiques. Il est possible de prévenir
la formation de calculs chez les patients présentant un risque
chirurgical élevé, comme chez les obèses soumis à une perte de poids
rapide par dérivation gastrique ou régime hypocalorique très strict.
1.6.1.2.2 Lithotripsie par ondes de choc
Comme la surface des calculs revêt une
importance cruciale pour le succès de la dissolution, on peut procéder
à une première fragmentation des calculs au moyen de la lithotripsie par
ondes de choc et administrer par la suite un traitement aux acides
biliaires en vue de dissoudre les fragments résiduels. La fragmentation
par ultrasons entraîne un faible taux de complications (pancréatite dans
1 % des cas, douleur biliaire dans 40 % des cas). Le canal cystique doit
être libre (c.-à-d. que la vésicule biliaire doit être fonctionnelle
à la cholécystographie orale ou la choléscintigraphie). En moins de un
an, les débris auront été dissous avec succès par un acide biliaire
pris par voie orale chez 60 % à 80 % des patients. Les meilleurs résultats
(taux de succès allant jusqu’à 95 %) ont été obtenus dans les cas où
il n’y avait qu’un seul calcul mesurant 2 cm de diamètre. Là encore,
seulement 20 % de tous les patients sont admissibles au traitement. Il est
possible que la lithiase réapparaisse (on observe un taux de récidive
aussi bas que 15 %).
1.6.2 CHOLÉCYSTECTOMIE
1.6.2.1 Cholécystectomie ouverte
Par cholécystectomie ouverte, on entend la
nécessité de procéder à une incision pour accéder à la cavité
abdominale, ce qui permet une visualisation directe et l’opération. Au
contraire, la technique laparoscopique fait appel à l’endoscopie et
implique de minuscules incisions. La cholécystectomie constitue le
traitement de choix de la maladie lithiasique. L’opération est
relativement sûre, avec un taux de mortalité inférieur à 0,5 %
lorsqu’elle est effectuée d’une façon non urgente dans les cas de
colique biliaire. Le taux de mortalité atteint 3 % dans le cas d’une opération
urgente d’une cholécystite aiguë ou d’interventions sur le cholédoque;
il est encore plus élevé chez les personnes âgées.
1.6.2.2 Cholécystectomie laparoscopique
Cette technique permet de voir le contenu
abdominal à l’aide d’un laparoscope, la cavité péritonéale étant
insufflée de gaz. Les instruments sont introduits dans la cavité
abdominale grâce à trois trocarts insérés dans la paroi abdominale
afin de procéder aux manipulations chirurgicales. Dans 5 % des cas, la
procédure doit être transformée en cholécystectomie ouverte à cause
de difficultés techniques. La cholécystectomie laparoscopique soulève
un vif enthousiasme pour plusieurs raisons : les douleurs postopératoires
sont moindres, les cicatrices sont minuscules, le séjour à l’hôpital
est court (environ deux jours) et, enfin, le retour au travail est rapide.
Dans certains cas, on peut même pratiquer l’intervention en clinique
externe. Son inconvénient est un taux de complications un peu plus élevé,
particulièrement en cas de lésion et de rétention de calculs dans le
cholédoque; l’intervention comporte aussi un risque d’abus. La cholécystectomie
laparoscopique est maintenant la norme pour les interventions non urgentes
et pour la plupart des cas de cholécystite aiguë.
L’intervention chirurgicale est indiquée en présence de symptômes
significatifs (p. ex. visites répétées à l’urgence pour être soulagé
par l’administration de narcotiques) ou si des complications surviennent.
La cholécystectomie prophylactique n’est pas recommandée, sauf dans
les rares cas où l’on soupçonne un carcinome de la vésicule biliaire
(p. ex. présence de calculs volumineux > 3 cm ou de
calcifications de la paroi de la vésicule biliaire : vésicule porcelaine).
L’intervention ne devrait pas être pratiquée chez les porteurs de
calculs asymptomatiques.
  
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