
 
ANATOMIE
MACROSCOPIQUE DE L'INTESTIN GRÊLE
A.B.R. Thomson, P. Paré et R.N. Fedorak |
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Duodénum, terme dérivé du grec dodekadaktulon,
signifie littéralement « 12 doigts » et désigne le segment supérieur
de l’intestin grêle. Il a été nommé ainsi parce que sa longueur
correspond à la largeur de 12 doigts. Le duodénum se subdivise lui-même
en quatre segments : le premier segment ou bulbe duodénal selon sa désignation
radiologique; le deuxième segment ou partie descendante; le troisième
segment ou partie transverse; le quatrième segment ou partie ascendante.
Juste au-dessus du premier segment du duodénum se trouvent le lobe
carré du foie et la vésicule biliaire. Cette dernière empiète
normalement sur la petite courbure du bulbe duodénal et forme la légère
concavité visible à la radiographie. Derrière le premier segment du
duodénum se trouve la tête du pancréas. C’est en raison de cette
proximité que le pancréas est le siège le plus fréquent de l’ulcère
duodénal pénétrant.
Le deuxième segment du duodénum est concave et enchâsse la tête du
pancréas. Un carcinome ou une masse inflammatoire de la tête du pancréas
peuvent parfois modifier l’aspect de la muqueuse du deuxième segment du
duodénum. Les diverticules duodénaux d’origine congénitale prennent
souvent naissance aussi sur la face interne du deuxième segment du duodénum.
Le troisième segment du duodénum est horizontal, se situe au niveau
de la troisième vertèbre lombaire, et laisse passer en son milieu
l’artère, la veine et le nerf mésentériques supérieurs qui cheminent
sur sa face antérieure. Chez une personne maigre ou qui a subi récemment
une importante perte de poids, la gaine des vaisseaux mésentériques supérieurs
peut empiéter sur le troisième segment du duodénum et entraîner une
obstruction duodénale chronique intermittente, appelée aussi «pince mésentérique».
Le quatrième segment du duodénum, en remontant jusqu’à la deuxième
vertèbre lombaire, entre en contact étroit avec l’aorte. S’il y a
une greffe de l’aorte, cette proximité du duodénum et de l’aorte
peut entraîner des complications mortelles lorsque la greffe érode la
paroi du duodénum et cause une hémorragie ou « fistule aorto-duodénale
». L’hémorragie peut être soit catastrophique (due à une minuscule
communication entre la lumière de l’aorte et celle du duodénum), soit
chronique, accompagnée d’une carence en fer et de fièvre (due à l’érosion
de la muqueuse duodénale par l’extérieur de la greffe). Le relief
muqueux du premier segment du duodénum (bulbe duodénal) se distingue du
reste du duodénum tant à l’endoscopie qu’à la radiographie. En
effet, le bulbe est parcouru de plis longitudinaux peu profonds qui
s’effacent lorsque le duodénum est distendu. À la jonction des premier
et deuxième segments du duodénum se trouvent des plis circulaires
permanents appelés valvules conniventes, trait caractéristique de
l’intestin grêle.
L’intestin grêle mesure environ 6 mètres;
sa longueur peut varier de 4 à 7 mètres, selon la technique de mesure
utilisée. La partie proximale, soit les 2/5 de l’intestin grêle,
s’appelle jéjunum (dérivé du latin qui signifie « vide ») tandis
que les 3/5 qui restent s’appellent iléon (du grec eilein qui
signifie « s’enrouler » ou « se tordre »). La paroi du jéjunum est
plus épaisse et sa lumière plus grande que celles de l’iléon. La lumière
diminue progressivement du duodénum à l’iléon. Vu son faible calibre,
l’iléon est plus vulnérable à l’obstruction. Le mésentère du jéjunum
se distingue de façon caractéristique du mésentère de l’iléon : la
couche de graisse est plus épaisse dans le mésentère iléal et s’étend
jusqu’au point d’attachement intestinal. Dans la maladie de Crohn, la
couche graisseuse du mésentère est épaissie et s’insère encore plus
sous la séreuse de l’intestin grêle. À la radiographie, la muqueuse
du jéjunum, ou segment proximal de l’intestin grêle, se distingue de
l’iléon. Dans le jéjunum, les valvules conniventes sont épaisses,
grandes et nombreuses, et donnent à la muqueuse un aspect plumeté ou en
feuilles de fougère. Cette image contraste avec l’aspect en saucissons
des anses iléales où les valvules conniventes deviennent graduellement
moins nombreuses et moins saillantes, et apparaissent clairement à la
radiographie comme des plis transversaux.
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