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P. Adams |
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| 8.1 Hémochromatose |
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L’hémochromatose est un déséquilibre
des réserves martiales de l’organisme attribuable à une absorption
excessive de fer à partir de l’intestin. Elle se caractérise par des dépôts
de fer dans divers organes pouvant entraîner un dysfonctionnement, en
particulier du foie, du pancréas, du coeur et de l’hypophyse. On réserve
le terme hémochromatose à l’hémochromatose primitive familiale,
les autres affections associées avec une surcharge en fer, telles que la
thalassémie ou l’anémie sidéroblastique, étant appelées surcharges
en fer secondaires. Quant au terme hémosidérose , il désigne
simplement la manifestation histologique d’une plus grande quantité de
fer apte à la coloration. L’hémochromatose peut être primitive ou
secondaire. Dans l’hémochromatose secondaire, l’accumulation martiale
exagérée résulte d’une atteinte hématologique telle que la thalassémie
ou l’anémie sidéroblastique.
L’hémochromatose primitive familiale est
une maladie héréditaire où le gène anormal est fortement lié au locus
A d’histocompatibilité (complexe HLA) sur le chromosome 6. On a décrit
un gène candidat (HLA-H) encodant une protéine dotée de ressemblances
avec les protéines de la classe I du CMH. Il s’agit d’une des
maladies génétiques les plus fréquentes, transmise selon le mode
autosomique récessif et touchant 1 sujet sur 300 dans les populations de
race blanche. Chez l’hétérozygote, le métabolisme du fer est normal
ou présente des anomalies légères sans importance clinique. Chez
l’homozygote, le fer s’accumule sans cesse et l’organe cible finit
par se détériorer. En général, les réserves corporelles de fer se
maintiennent entre 3 et 4 g, l’absorption et l’élimination étant équivalentes.
Dans l’hémochromatose, l’absorption martiale excède les besoins et
atteint 4 mg par jour ou plus. Dans la maladie avancée, l’accumulation
totale du fer dans l’organisme peut se trouver entre 40 et 60 g.
La plupart du temps, la symptomatologie
n’apparaît qu’au cours de la cinquième ou de la sixième décennie
et elle revêt des caractères non spécifiques : diabète, arthrite,
fatigue ou hépatomégalie. La pigmentation cutanée, l’impotence et la
dyspnée secondaire à l’insuffisance cardiaque font aussi partie des
symptômes. La triade classique de pigmentation cutanée, de diabète et
de maladie hépatique (diabète bronzé) survient dans une minorité de
cas et constitue l’un des derniers stades de la maladie. Celle-ci frappe
les hommes plus que les femmes qui en sont protégées par la régularité
du flux menstruel. La couleur foncée de la peau dans l’hémochromatose
est attribuée à un dépôt de mélanine, mais elle évolue parallèlement
au dépôt de fer dans la peau.
Si une hémochromatose est soupçonnée, ou
en présence d’une atteinte hépatique non expliquée, il y a lieu de
procéder à une épreuve de saturation de la transferrine et de
rechercher la ferritine sérique (sidérémie / capacité totale de
fixation du fer). Ces anomalies augmentent avec l’âge et sont plus
marquées chez les hommes que chez les femmes qui, ici encore, en sont
protégées par la perte régulière de sang menstruel. La biopsie hépatique
servira à confirmer le diagnostic, montrant des dépôts parenchymateux
importants avec pigmentation tissulaire par le fer. La concentration du
fer dans le foie ainsi que l’indice du fer hépatique (concentration du
fer hépatique / âge) sont les examens les plus utiles pour distinguer
l’hémochromatose primitive de la surcharge de fer qui accompagne
d’autres hépatopathies chroniques, comme l’hépatopathie alcoolique
et l’hépatite C chronique. La tomodensitométrie et l’imagerie par résonance
magnétique permettent de déceler une accumulation moyenne ou considérable
de fer dans le foie, mais elles n’ont pas la sensibilité nécessaire
pour déceler précocement la maladie et ne remplacent pas la biopsie hépatique.
Le traitement de l’hémochromatose vise
à éliminer l’excès de fer dans l’organisme et à soigner les
diverses lésions organiques. Les phlébotomies hebdomadaires ou
bihebdomadaires avec évacuation de 500 mL de sang constituent le meilleur
moyen de ramener les réserves martiales dans les limites normales. La durée
du traitement varie selon l’âge et le sexe, mais les hommes plus âgés
peuvent avoir besoin de saignées toutes les semaines pendant plus de
trois ans. La ferritine sérique mesurée tous les trois mois renseigne
sur l’évolution du traitement. Lorsqu’elle se situe à la limite
normale inférieure, la fréquence des phlébotomies est ramenée à trois
ou quatre par an. L’objectif du traitement est de prévenir
l’aggravation des lésions tissulaires. Malheureusement, nombre des
symptômes ne régressent pas après la réduction des réserves de fer.
Les causes les plus fréquentes de mortalité sont l’insuffisance hépatique
et le carcinome hépatocellulaire. Les frères et soeurs du patient
souffrant d’hémochromatose doivent subir, à partir de l’adolescence,
des épreuves de dépistage mesurant la ferritine sérique et la
saturation de la transferrine, étant donné qu’ils ont une chance sur
quatre d’être atteints. Quant au dépistage à l’échelle de la
population, on a démontré qu’il était rentable, mais il n’a pas été
tellement mis en pratique. La mise au point d’une véritable épreuve génétique
peu coûteuse pour l’hémochromatose pourrait faire en sorte que le dépistage
soit plus répandu. Les agents chélateurs tels que la déferoxamine (voie
parentérale) ou la déferiprone (voie orale) sont réservés au patient
qui présente une surcharge en fer consécutive à une anémie hypersidérémique
telle que la thalassémie.
| 8.2 Déficit
en a 1 -antitrypsine |
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L’ a 1 -antitrypsine,
glycoprotéine produite par le foie, regroupe la majorité des a
1 -globulines observées à l’électrophorèse des
protéines. Son déficit est héréditaire et provoque de l’emphysème
pulmonaire ou une hépatopathie. Il se manifeste de diverses manières, y
compris l’hépatite du nouveau-né, l’hépatite chronique active, la
cirrhose et le carcinome hépatocellulaire.
L’ a 1 -antitrypsine
est un inhibiteur des protéases et sa production dépend de nombreux allèles
du système Pi. Les sujets normaux sont PiMM. La transmission se fait
selon le mode autosomique codominant. Les sujets atteints d’une
affection hépatique sont le plus souvent PiZZ et n’ont que 20 % de la
quantité d’a 1-antitrypsine
normalement présente dans le sérum.
Le diagnostic de déficit en a
1 -antitrypsine est évoqué par l’absence d’un pic a
1 à l’électrophorèse des protéines, et il est
confirmé par les taux d’ a 1 -antitrypsine
et le phénotypage. Les changements caractéristiques observés à la
biopsie hépatique incluent la présence de granules PAS positifs
diastase-résistants dans le cytoplasme des hépatocytes. Ces granules
constituent des dépôts d’ a 1 -antitrypsine
dans le réticulum endoplasmique. Il existe une incapacité d’acheminer
l’ a 1 -antitrypsine synthétisée
du cytoplasme de l’hépatocyte jusque dans le sérum. Une cirrhose se développera
chez 10 % à 15 % des patients PiZZ. Le risque que des hétérozygotes présentent
une hépatopathie est incertain. Divers traitements expérimentaux,
notamment la perfusion d’ a 1 -antitrypsine
et la thérapie génique, pourraient devenir usuels. Il n’y a aucun
traitement médical pour cette maladie. Au stade avancé, la
transplantation hépatique peut se révéler utile.
| 8.3 Maladie
de Wilson |
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La maladie de Wilson est une affection héréditaire
caractérisée par l’accumulation pathologique de cuivre dans le foie,
le système nerveux central (SNC) et d’autres organes. Elle a une prévalence
de 1:30 000. Elle se transmet selon le mode autosomique récessif et le gène
responsable se situe sur le bras long du chromosome 13 (ATP7B). Le produit
du gène est une ATPase transportant le cuivre qui est fortement exprimée
dans le foie. Elle peut se présenter comme une hépatopathie de
l’enfance ou sous forme de manifestations neuropsychiatriques à l’âge
adulte. Les manifestations hépatiques de la maladie varient et peuvent
prendre la forme d’une insuffisance hépatique fulminante (souvent avec
hémolyse), d’une hépatite chronique active ou d’une cirrhose. Les dépôts
cupriques dans le SNC produisent des symptômes extrapyramidaux de rigidité,
de mouvements choréoathétosiques et d’ataxie. Les anomalies
biochimiques comportent des taux de céruloplasmine bas et une
hypercuprurie. Souvent, la biopsie hépatique n’a pas de valeur
diagnostique et les taches de cuivre ne sont pas concluantes. Il est fréquemment
nécessaire de mesurer la concentration hépatique de cuivre. L’anneau
de Kayser-Fleischer, un dépôt de cuivre dans la membrane de Descemet à
la périphérie de la cornée, est caractéristique de la maladie bien
qu’il puisse accompagner d’autres hépatopathies cholestatiques
chroniques. L’examen visuel de l’oeil peut montrer l’anneau de
Kayser-Fleischer mais, pour confirmer le diagnostic, il y a lieu de
recommander une biomicroscopie oculaire (examen par la lampe à fente) par
un ophtalmologiste. Le traitement par la d-pénicillamine, un agent chélateur,
devra se poursuivre pendant toute la vie. Il existe d’autres médicaments
pour ceux qui ne tolèrent pas la pénicillamine. La transplantation du
foie constitue une approche thérapeutique en présence d’une maladie de
Wilson avancée.
  
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