
 
| 11. DOULEURS PSEUDO-ANGINEUSES
D'ORIGINE OESOPHAGIENNE |
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Parmi les patients qui consultent un
cardiologue ou qui sont hospitalisés à l’unité de soins coronariens
pour des douleurs thoraciques évoquant l’angine de poitrine, au moins
le tiers ne souffrent pas d’une maladie cardiaque. Dans la majorité des
cas, une autre cause des douleurs n’est pas apparente. En l’absence
d’un diagnostic précis, certains patients deviennent anxieux, modifient
leur style de vie et consultent fréquemment le médecin. Chez ces
patients, il faudra procéder à des épreuves diagnostiques afin de déceler,
s’il y a lieu, une affection oesophagienne, bien que le rapport coût-efficacité
de cette approche ne soit pas connu.
Un transit baryté de l’oesophage ou une
endoscopie du tube digestif supérieur, voire les deux, s’imposent tout
d’abord pour déceler un trouble moteur marqué de l’oesophage et une
oesophagite. Cependant, ces examens sont souvent négatifs. Afin de déterminer
si les douleurs sont d’origine oesophagienne, on devra recourir à des
épreuves d’évaluation de la motricité oesophagienne et à des tests
de provocation (perfusion acide, provocation par édrophonium ou béthanéchol,
dilatation pneumatique oesophagienne) (figure
8). Chez nombre de ces patients, les troubles moteurs de
l’oesophage peuvent être confirmés, ce qui laisse supposer que la
dysfonction oesophagienne peut être à l’origine des douleurs. Il est
donc important sur le plan diagnostique de démontrer que la provocation
de l’oesophage (perfusion acide, dilatation pneumatique ou stimulation
cholinergique) cause chez le patient des douleurs identiques à celles
qu’il ressent habituellement.
La physiopathologie des douleurs
thoraciques pseudo-angineuses d’origine oesophagienne est mal comprise.
Chez certains patients, les douleurs sont causées par le reflux gastro-oesophagien;
ces patients éprouvent des douleurs thoraciques dans des circonstances où
la majorité des gens auraient des brûlures d’estomac. Chez d’autres,
les douleurs sont causées par des contractions spasmodiques anormales de
l’oesophage qui surviennent spontanément ou à la suite d’un reflux
acide. Dans la majorité des cas, il existe une faible corrélation entre
les contractions oesophagiennes spasmodiques et l’apparition de douleurs.
Beaucoup de ces patients semblent avoir un seuil de douleur oesophagienne
anormal; les épisodes douloureux peuvent être provoqués par divers
stimuli qui ne seraient pas aussi douloureux chez des sujets normaux.
La pression et le pH oesophagiens peuvent être évalués pendant 24
heures. Cette épreuve est probablement plus sensible et plus précise que
les épreuves classiques, mais elle exige des appareils coûteux et elle
est peu valable pour les patients qui ont des épisodes douloureux peu fréquents.
Le traitement des patients qui souffrent de
douleurs thoraciques pseudo-angineuses d’origine oesophagienne doit être
axé sur le processus physiopathologique en cause. Si la douleur est
provoquée par le reflux gastro-oesophagien, un traitement antireflux peut
être très profitable. Par contre, si la douleur est attribuable aux
spasmes oesophagiens, des relaxants des fibres lisses, comme les dérivés
nitrés, les anticalciques, l’hydralazine et les anticholinergiques
devraient soulager, bien que peu d’études cliniques contrôlées en
aient prouvé l’efficacité. L’administration d’antidépresseurs
tricycliques à doses relativement faibles s’est révélée efficace et
devrait être tentée chez les patients qui présentent des symptômes
invalidants et rebelles aux autres formes de traitement. Ces agents sont
vraisemblablement utiles chez les patients qui présentent une nociception
viscérale anormale communément appelée « oesophage irritable ». Chez
plusieurs de ces patients, de nombreux symptômes somatiques viendront
s’ajouter sur le plan fonctionnel. Le fait de rassurer le patient
constitue probablement l’aspect fondamental du traitement.
Habituellement, les symptômes diminuent une fois qu’un diagnostic
favorable a été établi et que le patient ne craint plus de souffrir
d’une maladie cardiaque sous-jacente.
  
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