
 
| 13. DIVERS TROUBLES
OESOPHAGIENS |
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13.1 Replis et anneaux |
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Les replis sont constitués de fines
structures membraneuses qui font saillie dans la lumière oesophagienne.
Recouverts des deux côtés d’un épithélium pavimenteux, les replis se
trouvent le plus souvent dans l’oesophage cervical. Ils sont découverts
au hasard d’un examen radiologique baryté et entraînent rarement une
occlusion de la lumière oesophagienne suffisante pour provoquer de la
dysphagie. La cause de ces replis n’est pas claire, mais ils seraient généralement
d’origine congénitale. Dans certains cas, les replis oesophagiens
postcricoïdiens sont associés avec une carence en fer et provoquent de
la dysphagie; c’est ce qu’il est convenu d’appeler le syndrome de
Plummer-Vinson ou syndrome de Paterson-Kelly. Cette affection
est liée à un risque accru de cancer de l’hypopharynx, et son
traitement comprend le bougirage, l’administration parentérale de fer
et un suivi attentif. Les replis oesophagiens peuvent aussi se former à
la suite de lésions oesophagiennes comme celles causées par un comprimé
ou l’ingestion de produits caustiques. Ils ont aussi été signalés en
présence de la réaction immunitaire du rejet de greffe.
L’anneau de Schatzki ou anneau de l’oesophage inférieur est
aussi une structure membraneuse mais, contrairement aux replis, l’anneau
est tapissé d’un épithélium pavimenteux sur sa face supérieure et
d’un épithélium cylindrique sur sa face inférieure. Très fréquent,
on le trouve sur 10 % de tous les clichés radiologiques barytés du tube
digestif supérieur. Peu de ces anneaux provoquent une obstruction
suffisante de la lumière oesophagienne pour causer de la dysphagie, même
si un anneau de l’oesophage inférieur est souvent à l’origine de la
dysphagie. Si la lumière oesophagienne est de 13 mm ou moins, il est
possible que surviennent par intermittence une dysphagie aux solides et même
une obstruction empêchant le transit du bol alimentaire. Le traitement de
l’anneau de Schatzki comprend le bris de l’anneau à l’aide d’une
bougie de grand diamètre ou d’un ballonnet de dilatation.
| 13.2 Diverticules |
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Les diverticules pharyngo-oesophagiens
forment des poches à partir d’une ou de plusieurs tuniques de la paroi
oesophagienne ou pharyngienne; ils sont classés selon leur situation.
13.2.1 DIVERTICULE DE ZENKER
Le diverticule de Zenker (figure
9) consiste en une poche située à la face postérieure de
la paroi, sur le plan médian, entre les fibres crico-pharyngiennes
obliques et transverses du muscle constricteur pharyngien inférieur. À
mesure qu’il grossit, le diverticule se déplace habituellement vers la
gauche du plan médian. Ce genre de diverticule se forme à cause d’une
réponse inadéquate du muscle crico-pharyngien, ce qui se traduit par des
pressions anormalement élevées dans l’hypopharynx durant la déglutition.
Un diverticule volumineux peut causer une dysphagie attribuable à la
compression externe de l’oesophage cervical. Outre la dysphagie
oro-pharyngée, le diverticule de Zenker peut entraîner une régurgitation
spontanée au goût infect de particules alimentaires accumulées ou
encore leur aspiration. Un diverticule énorme peut former une masse dans
le cou, habituellement du côté gauche.
Le traitement d’un diverticule de Zenker symptomatique est
chirurgical. La plupart des chirurgiens en feront la résection ou le
mettront en suspension (diverticulopexie) pour éviter qu’il obstrue
l’oesophage; ils procéderont en même temps à une myotomie
crico-pharyngienne. Dans bien des cas, cette dernière intervention suffit
à soulager les symptômes, mais le patient aura perdu un important mécanisme
de défense qui prévient l’aspiration du reflux. Afin de réduire ce
risque au minimum, le patient devra soulever la tête de son lit. Pour la
même raison, les patients gravement atteints de RGO ne doivent pas subir
une myotomie crico-pharyngienne à moins que le reflux ne puisse être maîtrisé
médicalement ou chirurgicalement.
13.2.2 DIVERTICULES MÉDIOTHORACIQUES
Les diverticules médiothoraciques ou,
selon l’appellation courante, diverticules « de traction », seraient
secondaires à des lésions inflammatoires anciennes du médiastin, comme
la tuberculose. L’inflammation fait adhérer des structures du médiastin
à la paroi externe de l’oesophage, ce qui entraîne une traction vers
l’extérieur durant le péristaltisme, d’où le nom de diverticule «
de traction ». Cependant, il semble maintenant probable que très peu de
diverticules médiothoraciques aient cette origine. Dans la plupart des
cas, ils sont associés avec un trouble moteur et, vraisemblablement, il
s’agirait plutôt de diverticules « de pulsion » formés au moment où
une onde péristaltique se transforme en une contraction simultanée ou
spasmodique dans la musculature lisse de l’oesophage. Ce genre de
diverticule nécessite rarement un traitement particulier; seul le trouble
moteur sera traité s’il devient symptomatique.
13.2.3 DIVERTICULES DU BAS OESOPHAGE OU
DIVERTICULES ÉPIPHRÉNIQUES
Diverticules « de pulsion », les
diverticules épiphréniques se forment juste au-dessus du SOI et sont
toujours associés avec un trouble moteur de l’oesophage, ordinairement
le spasme diffus de l’oesophage, avec ou sans relâchement anormal du
SOI. Les diverticules épiphréniques causent de la dysphagie accompagnée
ou non de douleurs thoraciques pseudo-angineuses. Les patients peuvent également
régurgiter la nuit de grandes quantités de liquide stagnant.
En présence de diverticules symptomatiques, l’administration de dérivés
nitrés ou d’anticalciques peut se révéler utile. Si le traitement médicamenteux
est inefficace, une intervention chirurgicale est indiquée. Tout
traitement chirurgical doit comprendre une myotomie du bas oesophage
spasmodique ou du SOI, voire des deux. La résection des diverticules
seule procure rarement un soulagement prolongé.
13.2.4 DIVERTICULOSE INTRAMURALE
La diverticulose intramurale se caractérise
à l’examen radiologique par d’innombrables poches minuscules et
flasques visibles dans la lumière oesophagienne. Elle s’accompagne
ordinairement d’une sténose lisse dans le segment proximal de
l’oesophage. Typiquement, les patients souffrent de dysphagie et sont
soulagés par une dilatation perorale. Ces ectasies sont en fait les
conduits dilatés des glandes sous-muqueuses et, par conséquent, ne sont
pas considérées comme de vrais diverticules. Leur cause est obscure.
Certains cas sont associés avec une candidose oesophagienne, quoique la
mycose ne semble pas constituer un facteur étiologique important.
| 13.3 Traumatisme
oesophagien |
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La rupture ou la perforation de
l’oesophage peuvent être causées par un objet coupant ou pointu
capable de transpercer la poitrine. Des manoeuvres, comme le bougirage ou
l’endoscopie, peuvent aussi perforer ou lacérer la muqueuse. De gros
efforts pour vomir ou des vomissements excessifs peuvent provoquer une
perforation de l’oesophage (syndrome de Boerhaave) ou une lacération
de la muqueuse (syndrome de Mallory-Weiss). Le syndrome de
Boerhaave est une affection qui met en péril la vie du patient et exige
une intervention chirurgicale immédiate pour drainer le médiastin et
suturer la paroi oesophagienne. Les patients, souvent des alcooliques, présentent
des douleurs épigastriques ou thoraciques soudaines à la suite
d’efforts de vomissement; ils font habituellement de la fièvre et présentent
des signes d’hypovolémie ou de choc.
La lacération de la muqueuse, ou syndrome de Mallory-Weiss, est plutôt
considérée comme un trouble gastrique, car dans la plupart des cas, la
lacération commence à la jonction gastro-oesophagienne et s’étend
dans l’estomac. Elle s’accompagne d’hématémèse ou de méléna, à
la suite d’efforts pour vomir ou de vomissements. L’hémorragie
s’arrête habituellement d’elle-même et seul un traitement
d’appoint est nécessaire. Par contre, si elle persiste, il faudra procéder
à une hémostase endoscopique ou à une intervention chirurgicale.
| 13.4 Obstruction
par corps étranger ou par bol alimentaire |
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Une foule d’objets hétéroclites peuvent
se loger dans l’oesophage après avoir été avalés par inadvertance ou
délibérément. Le plus souvent, on les retrouve à l’un des trois
endroits suivants : à la gouttière pharyngo-laryngée, au niveau de la
crosse aortique ou juste au-dessus du SOI. Le patient peut généralement
situer assez facilement l’obstruction, et une simple radiographie suffit
à confirmer l’endroit si l’objet est radio-opaque. Cependant,
rappelons que certains patients percevront l’obstruction au niveau de la
gorge alors qu’en fait elle est située dans la partie distale de
l’oesophage. Autrement, il faudra obtenir un cliché après
l’ingestion d’une petite quantité d’un produit de contraste soluble
à l’eau. La plupart des objets peuvent être enlevés par un
endoscopiste adroit. Il est rare qu’une intervention chirurgicale soit nécessaire,
sauf en cas de perforation.
Il arrive plus souvent que l’obstruction de l’oesophage soit causée
par le bol alimentaire. Elle survient généralement lorsque les patients
atteints d’une sténose ou d’un trouble moteur de l’oesophage ou
encore ayant un anneau de Schatzki à l’oesophage inférieur tentent
d’avaler un bol alimentaire solide important. Une douleur à la poitrine
les saisit immédiatement, et elle est en général bien localisée au siège
de l’obstruction. Toute tentative de déglutition s’avère
infructueuse et provoque ordinairement une régurgitation immédiate.
De nombreux médecins administrent tout d’abord un relaxant des
fibres lisses, comme le glucagon intraveineux, la nitroglycérine
sublinguale ou la nifédipine, mais l’efficacité d’un tel traitement
médicamenteux demeure douteuse. Si le bol alimentaire ne passe pas
spontanément en quelques heures, on doit l’enlever endoscopiquement par
voie buccale ou le pousser vers l’estomac. Le bol alimentaire ne doit
pas demeurer trop longtemps dans l’oesophage, car il peut causer une macération
marquée de la muqueuse. Faire prendre au patient un attendrisseur de
viande pour tenter de dissoudre le bol alimentaire sera probablement
inefficace et peut être très dommageable. En effet, la papaïne contenue
dans l’attendrisseur risque de digérer la muqueuse oesophagienne et son
aspiration peut provoquer un oedème pulmonaire hémorragique sérieux.
  
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