
 
| 6. MODIFICATIONS
ANATOMIQUES |
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6.1 Anomalies congénitales |
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114 |
Au stade embryonnaire, les voies digestives
et respiratoires ne forment qu’un simple tube, mais dès le deuxième
mois de gestation, elles sont complètement séparées. Des problèmes au
cours du processus de division peuvent se traduire par diverses anomalies
congénitales, la plus courante étant la fistule oesophago-trachéale
avec atrésie oesophagienne. Dans 85 % à 90 % des cas, l’extrémité
supérieure de l’oesophage se termine en cul-de-sac borgne, tandis que
l’extrémité inférieure reste solidaire de la trachée et demeure en
continuité avec l’estomac. Les nouveau-nés souffrant de cette anomalie
présentent des troubles d’aspiration au moment de l’allaitement, et
les radiographies de l’abdomen ne révèlent pas d’air dans
l’intestin, contrairement à ce qui est observé chez ceux atteints
d’une fistule à l’oesophage inférieur. Dans 1 % à 2 % des cas, il
s’agit d’une fistule de type H avec atrésie, qui se manifeste chez le
nourrisson par des infections pulmonaires à répétition et du
ballonnement abdominal causé par l’air qui pénètre dans la voie
digestive par la fistule lorsque le nourrisson pleure. Comme la fistule de
type H peut être très petite, elle risque de passer inaperçue jusqu’à
l’âge adulte; il arrive qu’elle soit décelée par des examens réalisés
pour des infections pulmonaires récidivantes. Ces fistules peuvent se
fermer spontanément, mais produire alors une inflammation
paraoesophagienne et entraîner à la longue la formation d’une sténose
oesophagienne.
Le traitement des fistules oesophagiennes (avec ou sans atrésie) est
chirurgical. Le pronostic est maintenant très bon, et la mortalité est
habituellement liée à des malformations congénitales concomitantes. Il
ne faut pas oublier que bon nombre de ces patients souffriront de reflux
gastro-oesophagien ainsi que de péristaltisme oesophagien anormal à la
suite de l’intervention chirurgicale, ce qui peut entraîner à la
longue des problèmes notables.
La sténose congénitale de l’oesophage est une anomalie rare,
probablement liée, elle aussi, à une différenciation anormale des voies
digestives et respiratoires, étant donné que des spécimens prélevés
au cours de la résection révélaient un épithélium pulmonaire ou des résidus
bronchiques. On a aussi décrit des résidus de séquestration pulmonaire
liés à l’oesophage, mais non associés avec une sténose.
| 6.2 Hernie
hiatale |
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La majorité des hernies hiatales sont
acquises; elles sont rarement causées par un oesophage court à la
naissance. Les hernies hiatales se divisent en deux types : 1) la hernie
hiatale par glissement (figure
3) et 2) la hernie hiatale paraoesophagienne par roulement (figure
4). La hernie hiatale par glissement correspond à la
migration du manchon du cardia et de la partie haute de l’estomac à
travers l’orifice oesophagien du diaphragme dans le thorax. Elle peut se
résorber et se reformer spontanément. Ces hernies sont très courantes
et leur incidence augmente avec l’âge. Elles n’ont généralement
aucune signification clinique, en dépit du fait que de nombreux patients
et médecins persistent à leur attribuer une grande variété de symptômes.
Des hernies hiatales importantes peuvent s’accompagner d’anémie
ferriprive qui serait causée par des ulcérations superficielles et récidivantes
à l’endroit où le diaphragme exerce une pression sur l’estomac hernié.
Si des examens approfondis ne révèlent aucune autre source de perte de
sang dans le tube digestif et si le patient continue à manquer de fer
malgré un supplément et un traitement antiulcéreux, il faudra corriger
la hernie chirurgicalement.
La cause de la hernie hiatale par glissement est obscure. De toute évidence,
il y a relâchement et dilatation de l’orifice oesophagien du diaphragme
ainsi que relâchement du ligament phréno-oesophagien. Cependant, ces
anomalies peuvent très bien représenter des facteurs physiopathologiques
secondaires et non primaires. Dans certains cas, des reflux gastro-oesophagiens
persistants peuvent provoquer une inflammation qui cause un
raccourcissement de l’oesophage, lequel, à son tour, provoque une
hernie hiatale.
Une hernie hiatale par glissement est souvent observée en association
avec le reflux gastro-oesophagien. Le rôle précis de la hernie dans la
pathogenèse de ce type de reflux demeure obscur. La plupart des porteurs
de hernie hiatale ne souffrent pas d’un reflux grave, et quelques
patients sérieusement atteints d’oesophagite par reflux n’ont pas de
hernie hiatale. Il semble qu’une hernie hiatale puisse contribuer
d’une certaine façon au reflux gastro-oesophagien, mais il est très
peu probable qu’elle en soit la cause première. Des études récentes
ont suggéré qu’une hernie hiatale peut favoriser le reflux gastro-oesophagien
en créant un réservoir d’acide gastrique qui peut facilement se déverser
dans l’oesophage inférieur chaque fois que le SOI se relâche.
Les hernies hiatales paraoesophagiennes par roulement sont rares. Elles
se caractérisent par la migration d’un segment de la grosse tubérosité
de l’estomac par l’orifice oesophagien le long de l’oesophage, sans
que la jonction gastro-oesophagienne soit déplacée pour autant. Bien que
ces hernies soient souvent asymptomatiques, la majorité des médecins
croient qu’elles doivent être traitées chirurgicalement lorsque le
diagnostic est posé parce que la zone herniée peut devenir étranglée
et infarcie.
  
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