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L'ABSENCE DE REFLUX |
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8.1 Oesophagite infectieuse |
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Les bactéries causent rarement une
primo-infection oesophagienne, bien qu’il soit possible qu’une
infection pulmonaire envahisse l’oesophage. L’oesophagite infectieuse
est le plus souvent causée par Candida et Herpes et, plus
rarement, par d’autres virus (p. ex. CMV, VIH); dans ce dernier cas,
cependant, l’oesophagite est presque toujours associée avec un état
d’immunosuppression.
8.1.1 OESOPHAGITE À CANDIDA
L’oesophagite à Candida est de
loin l’oesophagite infectieuse la plus répandue. Il y a habituellement
une cause prédisposante comme le diabète sucré, l’antibiothérapie ou
un déficit immunitaire quelconque. Les patients peuvent être
asymptomatiques. L’oesophagite à Candida ne s’accompagne pas
toujours de muguet. Le plus souvent, les patients souffrent d'odynophagie,
de douleurs rétrosternales ou de dysphagie. Dans les cas graves, les
complications peuvent se traduire par une hémorragie, une sténose et la
formation de sinus avec abcès pulmonaire secondaire. Les examens
radiologiques au baryum révèlent une muqueuse oesophagienne granulaire
irrégulière ou en pavés. Étant donné qu’environ 25 % des patients
ont un transit baryté normal de l’oesophage, on devra effectuer une
endoscopie avec biopsies et brossage pour établir le diagnostic.
Typiquement, l’endoscopie révèle la présence de petites plaques
blanchâtres surélevées qui, une fois enlevées, laissent voir une
muqueuse érythémateuse et friable. À partir des échantillons prélevés
à la biopsie ou par brossage, il faudra procéder à la culture et à
l’examen microscopique afin de déceler la présence de cellules de Candida
typiques avec la formation de pseudo-hyphes. La nystatine par voie
orale est efficace chez la plupart des patients (traitement luminal);
cependant, une maladie plus étendue, particulièrement chez les immunodéprimés,
peut exiger un traitement général par le kétoconazole ou le fluconazole.
Si l’infection est systémique, il faudra donner de l’amphotéricine
B.
8.1.2 OESOPHAGITE À HERPES SIMPLEX
Après l’oesophagite à Candida,
l’oesophagite herpétique est l’oesophagite infectieuse la plus répandue;
elle se présente cliniquement à peu près de la même façon que
l’oesophagite à Candida. Des symptômes généraux d’une
infection virale des voies respiratoires supérieures peuvent précéder
les symptômes oesophagiens. Des lésions herpétiques au niveau de la
bouche ou de la peau peuvent aussi apparaître. Cette infection survient
le plus souvent chez les patients immunodéprimés, mais de jeunes adultes
sains en sont parfois victimes. L’endoscopie accompagnée de biopsies et
de cytologies par brossage est nécessaire pour confirmer le diagnostic.
La constatation pathognomonique consiste en des inclusions intranucléaires
éosinophiles (Cowdry type A). L’oesophagite herpétique guérit spontanément
chez les sujets immuno-compétents; un traitement particulier n’est donc
pas indiqué. Les symptômes d’odynophagie sont souvent soulagés par la
prise d’un antiacide mélangé à une solution de Xylocaine®
visqueuse. Chez les sujets fortement immunodéprimés, un traitement
intraveineux à l’acyclovir doit être instauré.
| 8.2 Oesophagite
associée avec une maladie d’origine immunologique |
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L’oesophagite survient rarement en
association avec la maladie de Crohn ou le syndrome de Behçet. En général,
chez l’immunodéprimé l’oesophagite se caractérise par des ulcérations
dispersées de type aphteux, même si une atteinte transmurale grave
accompagnée de sténose peut se produire. L’oesophage peut aussi être
gravement atteint en présence de pemphigoïde, de pemphigus ou d’épidermolyse
bulleuse.
L’oesophagite survient chez un tiers des patients qui sont atteints
de façon chronique d’une réaction immunitaire de rejet de greffe à la
suite d’une transplantation de la moelle osseuse. La lésion typique
consiste en une desquamation épithéliale qui s’étend à tout
l’oesophage supérieur et moyen, accompagnée ou non de sténoses ou rétrécissements
en forme d’anneau secondaires à une fibrose sous-muqueuse. Un trouble
moteur de l’oesophage non spécifique peut aussi survenir et causer une
oesophagite par reflux attribuable à une mauvaise clairance oesophagienne.
La sarcoïdose et la gastro-entérite à éosinophiles, deux autres
affections d’origine immunologique, peuvent aussi, quoique rarement,
causer une oesophagite.
| 8.3 Oesophagite
chimique |
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8.3.1 OESOPHAGITE CAUSTIQUE
Les produits fortement acides ou alcalins
ingérés accidentellement ou intentionnellement au moment d’une
tentative de suicide peuvent causer une oesophagite marquée. Les alcalis
ont tendance à causer à la muqueuse oesophagienne des lésions plus
graves que ne le font les acides; ils produisent une nécrose de liquéfaction
et des brûlures thermiques imputables au dégagement de chaleur
qu’entraîne l’hydratation de l’alcali par les sécrétions
oesophagiennes. Quant aux acides, ils ont tendance à provoquer une nécrose
de coagulation superficielle et la formation d’escarres. Typiquement,
l’ingurgitation d’un produit caustique provoque immédiatement une
douleur à la poitrine et de l’odynophagie. La personne peut grimacer de
douleur si le produit lui a brûlé la bouche. Des symptômes
respiratoires (p. ex. stridor, dyspnée et enrouement) peuvent aussi
apparaître si les voies respiratoires sont touchées. Les symptômes
seuls ne suffisent pas à prédire la présence ou l’absence de lésions
oesophagiennes. Par conséquent, il faudra envisager une endoscopie dès
que possible chez la majorité des patients. De toute évidence,
l’endoscopie est à proscrire en présence d’une perforation
oesophagienne apparente. Chez ces patients, il faut tout d’abord assurer
le maintien de la perméabilité des voies aériennes. On doit cesser
l’alimentation par la bouche et administrer des solutés intraveineux.
Le traitement classique consistait en l’administration empirique
d’antibiotiques et de corticostéroïdes; il n’existe toutefois aucune
preuve concluante de l’efficacité d’une telle thérapeutique. Les
patients qui survivent à la phase aiguë du traumatisme risquent de développer
des sténoses à cause des dépôts massifs de collagène associés avec
la cicatrisation des lésions. Il sera alors nécessaire de procéder à
des dilatations oesophagiennes répétées pour maintenir la perméabilité
du tube digestif.
Les lésions provoquées par les produits caustiques augmentent le
risque d’un cancer épidermoïde de l’oesophage. Typiquement, le
cancer n’apparaît que de 30 à 50 ans plus tard. C’est pourquoi tout
patient ayant déjà souffert de lésions dues à des produits caustiques
et qui présente de nouveaux symptômes doit être soumis sans délai à
des examens. Le risque de cancer étant si éloigné, une surveillance
endoscopique périodique n’est pas indiquée.
8.3.2 OESOPHAGITE MÉDICAMENTEUSE
De nombreux médicaments pris par voie
orale peuvent causer des lésions oesophagiennes locales. La doxycycline,
un antibiotique, et le bromure d’émépronium, un anticholinergique,
sont deux des agents les plus irritants. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens
et les préparations à libération lente de chlorure de potassium sont
souvent en cause également. Les patients qui présentent ce type de lésion
prennent ordinairement leur médicament avec une petite quantité d’eau,
juste avant d’aller se coucher. Il arrive qu’ils soient réveillés
plusieurs heures plus tard par une forte douleur rétrosternale accompagnée
d’odynophagie. Les comprimés et les capsules descendent mal dans
l’oesophage, à moins d’être pris avec une quantité suffisante de
liquide. Il faut donc rappeler aux patients à qui l’on prescrit des médicaments
à prendre au coucher l’importance de les prendre avec une bonne quantité
de liquide. Il est rare que le médicament reste pris et cause un ulcère
oesophagien profond accompagné d’une perforation. Plus souvent, l’ulcération
est superficielle et guérit en quelques semaines. La formation de sténose
peut survenir tardivement. Les patients atteints d’un trouble moteur de
l’oesophage sont particulièrement sujets à ce genre de complication.
| 8.4 Oesophagite
par radiation |
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Lorsque l’oesophage se trouve dans le
champ de la radiothérapie anticancéreuse, 80 % des patients souffrent
d’une inflammation oesophagienne. Le risque d’oesophagite augmente si
le traitement s’accompagne de chimiothérapie. Les patients présentent
typiquement des douleurs thoraciques, de la dysphagie et de
l’odynophagie peu après le début du traitement. Le problème peut être
sérieux chez ceux qui souffrent de malnutrition grave. La formation
tardive de sténose est une complication bien connue.
  
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