
 
| 9. TROUBLES LIÉS AU
TEMPS PHARYNGIEN DE LA DÉGLUTITION |
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Divers troubles structurels et fonctionnels
peuvent perturber le temps pharyngien de la déglutition et se traduire
par une dysphagie oro-pharyngée (tableau
4). Dans l’évaluation de ces patients, il importe
d’exclure les affections pour lesquelles un traitement particulier
existe.
L’examen le plus utile consiste en un examen baryté cinéradiographique
de la déglutition. Outre les épreuves barytées classiques, il est bon
d’observer le patient lorsqu’il avale des biscuits ou du pain imbibés
d’une solution barytée. Non seulement l’examen permet de déceler et
de caractériser les troubles de coordination oro-pharyngée, mais il
permet d’exclure des lésions structurelles. Si l’on soupçonne une lésion
structurelle, inflammatoire ou néoplasique, une laryngoscopie directe ou
indirecte est indiquée. À l’heure actuelle, les épreuves manométriques
classiques du pharynx et du SOS n’apportent pas de renseignements complémentaires
aux examens radiologiques, ce qui s’explique non seulement par les
limites des méthodes d’enregistrement, mais aussi par les modifications
complexes qui surviennent au cours de la déglutition (p. ex. fermeture du
nasopharynx, élévation et fermeture du larynx) et qui ne sont pas décelables
à la manométrie (voir la section 3 sur la physiologie).
TABLEAU 4. Troubles à l’origine de la
dysphagie oro-pharyngée
Maladies du système nerveux central
Accident cérébrovasculaire (tronc cérébral, paralysie pseudobulbaire)
Maladie de Wilson
Sclérose en plaques
Sclérose latérale amyotrophique
Néoplasme du tronc cérébral
Tabès dorso-lombaire
Maladies du système nerveux périphérique
Poliomyélite bulbaire
Diverses neuropathies périphériques
Néoplasmes au niveau de la tête et du cou
Suites d’une intervention chirurgicale radicale au niveau du cou
Maladies musculaires
Dystrophie musculaire
Polymyosite et dermatomyosite
Myopathie métabolique (p. ex. hypo et hyperthyroïdisme)
Amylose
Lupus érythémateux disséminé
Myasthénie grave
Affections locales
Inflammation oro-pharyngée
Néoplasmes oro-pharyngés
Diverticule de Zenker
Affections idiopathiques
Achalasie crico-pharyngienne
Incoordination oro-pharyngée idiopathique
Idéalement, le traitement des troubles de
la motricité oro-pharyngée doit viser la maladie sous-jacente. Cette
approche thérapeutique se révèle souvent impossible, et un traitement
non spécifique doit être institué. Dans certains cas, il suffit
simplement de rassurer et d’informer le patient. De nombreux patients
seront en mesure de maîtriser leurs symptômes en mangeant lentement dans
une ambiance détendue et en faisant attention. Lorsque l’aspiration est
causée par un mauvais nettoyage de l’hypopharynx après la déglutition
initiale, le patient aura intérêt à faire suivre la déglutition
initiale d’une seconde déglutition « à sec ». Corriger les prothèses
dentaires ou éviter des aliments d’une certaine consistance pourrait
aussi s’avérer profitable. La plupart des orthophonistes sont, d’une
certaine manière, des thérapeutes des troubles de la déglutition et
peuvent intervenir très efficacement dans le traitement de ces patients.
Il arrive que ces mesures soient insuffisantes et que d’autres symptômes
apparaissent, telles des complications respiratoires et nutritionnelles.
On procède alors souvent à une myotomie crico-pharyngienne, intervention
utile dans les cas d’achalasie crico-pharyngienne vraie ou d’un
diverticule de Zenker (voir la section 13). Malheureusement, dans la
plupart des autres cas de dysphagie oro-pharyngée, la myotomie
n’apporte pas les résultats escomptés, puisque l’ouverture inadéquate
du SOS est rarement attribuable à la seule dysfonction du muscle
crico-pharyngien. Le plus souvent, on observe une faiblesse concomitante
des muscles sus-hyoïdiens responsables de l’ouverture du sphincter, ou
encore, on remarque des problèmes liés au péristaltisme pharyngien. La
myotomie crico-pharyngienne corrige peu ces anomalies physiologiques et
prive le patient d’un mécanisme de défense efficace qui prévient
l’aspiration du reflux. Il faut demander au patient d’élever la tête
de son lit sur des blocs pour réduire au minimum le risque de reflux.
Pour la même raison, les patients atteints d’un important reflux
gastro-oesophagien ne devraient pas subir une myotomie crico-pharyngienne,
à moins que le reflux ne puisse être maîtrisé.
Lorsque toutes les autres mesures échouent et qu’apparaissent les
complications respiratoires et nutritionnelles, une gastrostomie
endoscopique percutanée s’impose. Si la situation s’aggrave au point
où le patient ne parvient pas à avaler sa salive, il est parfois nécessaire
de procéder à une exclusion laryngée et à une trachéotomie.
  
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