
 
| 10. CONSTIPATION
/ W.G. Thompson |
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Défécation laborieuse, paresse
intestinale.
TABLEAU 1. Causes de la constipation chronique
| Fonctionnelles |
Syndrome du côlon irritable
|
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Troubles de la motilité dont le mécanisme est inconnu |
| Côlon atone |
| Absence de défécation |
- Obstruction par un sphincter anal
hyperactif
- Mauvais fonctionnement du réflexe
ano-rectal
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Pharmacologiques |
| Opiacés, antidépresseurs, calcium |
| Abus de laxatifs |
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Organiques |
| Hypothyroïdie |
| Dépression |
| Maladie de Hirschsprung |
Pseudo-obstruction
- Myopathie des viscères creux
- Neuropathie des viscères creux
|
| Lésions obstructives (p. ex. cancer,
diverticulite) |
La constipation défie toute définition précise.
Qu’entend-on par fréquence « normale » des selles? Pour 95 % de la
population ou plus, la fréquence des défécations peut varier entre
trois fois par jour et trois fois par semaine. Certains considèrent comme
normale une fréquence inférieure à trois défécations par semaine qui
n’entraîne aucun malaise ni insatisfaction. L’effort requis pour évacuer
les selles et la consistance des selles sont probablement des éléments
plus importants. Le consensus serait que la constipation consiste en des
selles dures et difficiles à évacuer, même si la défécation est
quotidienne. La nécessité de fournir plus d’une fois sur quatre un
effort exagéré pour évacuer les selles est une façon de définir la
constipation. En d’autres termes, la constipation peut se définir par
des symptômes persistants d’évacuation difficile, peu fréquente ou
apparemment incomplète.
Les causes de la constipation sont résumées
dans le tableau 1; les
causes organiques seront abordées ailleurs dans le texte. Le genre de
constipation le plus courant est associé avec le côlon irritable de type
spastique; les selles y sont dures, difficiles à évacuer et souvent en
forme de scybales (c.-à-d. semblables à des excréments de lapin ou de
mouton). L’évacuation de ce genre de selles s’accompagne fréquemment
d’une douleur abdominale.
Certaines autres causes fonctionnelles de la constipation sont
difficiles à définir. Dans la constipation atone simple, les selles
abondantes dans le rectum ne parviennent pas à stimuler le réflexe de défécation,
c’est-à-dire à déclencher la réponse du sphincter interne forçant
l’évacuation. Chez d’autres sujets, il y a absence de réflexe
gastro-colique à la suite d’un repas. Chez d’autres, enfin, la
constipation fait partie d’un trouble systémique de la motilité appelé
pseudo-obstruction intestinale idiopathique chronique. Ce trouble peut se
limiter au côlon, mais il touche souvent d’autres segments du tube
digestif. Il faut inclure dans ce groupe les patients qui utilisent des
laxatifs depuis longtemps ou de façon abusive. On ignore toutefois si
l’usage de laxatifs est la cause ou la conséquence de ce trouble de la
motilité.
| 10.4 Points
importants de l’anamnèse et caractéristiques de l’examen
physique |
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Il importe d’interroger soigneusement le
patient sur l’aspect de ses selles. La présence de selles dures,
ressemblant à de petites concrétions arrondies et difficiles à évacuer,
chez un sujet jeune autrement en bonne santé suggère fortement un
syndrome du côlon irritable. À l’examen rectal ou à la sigmoïdoscopie,
on observe un rectum souvent vide ou rempli de scybales seulement. Ce type
de constipation est fréquemment entrecoupé de périodes de selles
normales ou de diarrhée.
La constipation atone, par contre, est associée avec l’accumulation
de selles dans le côlon ou le rectum. L’examen de l’abdomen révèle
souvent de la distension et, à la palpation, on peut déceler des matières
fécales en grande quantité dans le côlon distal.
Diverses dysfonctions sensorielles ou ano-rectales peuvent aussi causer
de la constipation. La constipation et la présence de sang dans les
selles soulèvent la possibilité d’une lésion obstructive, comme un
carcinome. La maladie de Hirschsprung peut se manifester chez l’adulte,
bien que la dysfonction intestinale remonte habituellement à l’enfance.
Les autres possibilités incluent une lésion de la moelle épinière,
l’hypothyroïdie, l’hypercalcémie ou l’usage de médicaments (p.
ex. les opiacés).
| 10.5 Démarche
diagnostique |
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Un examen à l’aide d’un sigmoïdoscope
(ou rectoscope) souple ou rigide s’impose pour éliminer la possibilité
de maladies locales comme des fissures, des fistules ou une proctite
distale. De nombreux cancers peuvent être diagnostiqués par sigmoïdoscopie.
Cette technique peut aussi déceler la mélanose colique, pigmentation de
la muqueuse rectale qui témoigne d’un usage chronique de laxatifs.
Si la personne constipée a plus de 40 ans, qu’elle a beaucoup maigri
et qu’il y a présence de sang ou de pus dans les selles, on devra
effectuer un lavement baryté à la suite de la sigmoïdoscopie pour éliminer
la possibilité de polypes, de cancer ou de maladie de Crohn du côlon.
Une étude du transit intestinal peut être révélatrice. Après avoir
fait ingérer au patient une vingtaine de marqueurs radiologiques, on
effectue jour après jour une radiographie simple de l’abdomen. Si 80 %
des marqueurs disparaissent en cinq jours, le transit est jugé normal. Si
le transit est plus lent, la position des marqueurs peut faciliter la
distinction entre l’inertie colique et un trouble ano-rectal. Des
examens plus complexes s’imposent alors.
| 10.6 Démarche
thérapeutique |
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Le meilleur traitement de la constipation
est manifestement celui de la maladie sous-jacente. Dans le cas d’un côlon
irritable de type spastique, l’adjonction suffisante de fibres à
l’alimentation permet d’espérer une réponse favorable. Il vaut mieux
éviter l’usage prolongé de tout laxatif stimulant, en raison du
pouvoir dommageable de ces agents sur le plexus myentérique du côlon.
L’usage immodéré de laxatifs peut causer des pertes hydroélectrolytiques
excessives. L’inertie colique ou la dysfonction ano-rectale causant une
constipation grave ou opiniâtre nécessitent l’attention d’un spécialiste.

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