
 
| 12. MALNUTRITION /
D.G. Patel |
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La nutrition peut se définir comme le
processus selon lequel un organisme utilise les aliments ingérés. Ce
processus complexe comporte plusieurs étapes : l’ingestion, la
digestion, l’absorption, le transport, l’utilisation et l’excrétion.
Toute perturbation d’une ou de plusieurs de ces étapes peut engendrer
la malnutrition. Dans l’ensemble, la malnutrition primaire par un apport
alimentaire insuffisant constitue la cause de malnutrition la plus
courante. En Occident, la malnutrition est principalement due à un apport
inadéquat de nutriments, à la malabsorption ou à l’hypercatabolisme
chez un patient gravement malade. Le rôle de la malnutrition protéinoénergétique
est de plus en plus reconnu dans les troubles nutritionnels, comme
l’anorexie mentale.
La malnutrition liée aux troubles gastro-intestinaux
est habituellement multifactorielle, et varie selon la nature et les
effets de la maladie.
1. Absence d’apport alimentaire
attribuable à l’anorexie ou symptômes liés aux aliments, comme la
dysphagie, la douleur ou les vomissements.
2. Mauvaise digestion due à une atteinte
pancréatique. La carence en sels biliaires imputable à une maladie hépatobiliaire
cholestatique ou à un trouble iléal entraîne une mauvaise digestion des
triglycérides et des vitamines liposolubles. La stéatorrhée (malabsorption
des graisses) engendre un bilan calorique négatif et une carence en
vitamines liposolubles.
3. Malabsorption due à une atteinte de la
muqueuse de l’intestin grêle ou à une diminution de la surface
d’absorption, en raison d’un court-circuit intestinal, d’une fistule
ou d’une résection.
4. Perte excessive de nutriments, comme
dans les cas d’entéropathie exsudative et perte de zinc dans les cas de
maladies diarrhéiques.
5. Certains agents thérapeutiques pouvant
perturber de façon sélective l’utilisation des nutriments; l’usage
de cholestyramine, par exemple, pour contrer une diarrhée déclenchée
par les acides biliaires peut aggraver la stéatorrhée.
6. L’alcoolisme, cause extrêmement
courante de malnutrition en Occident. Les conditions socio-économiques,
les troubles de comportement, l’isolement et la dépression entraînent
une diminution de l’apport de nutriments. Les alcooliques ont rarement
un régime alimentaire équilibré et dépendent très fortement des
calories «vides» de l’alcool. Les carences en protéines et en
vitamines, en particulier en vitamines du groupe B, sont extrêmement
courantes. L’alcool est un agent toxique susceptible d’entraîner, même
en présence d’un apport nutritionnel adéquat, des lésions du pancréas,
du foie et de la muqueuse de l’intestin grêle qui aggravent la
malnutrition.
| 12.3 Signes
de malnutrition |
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1. La perte de poids en l’absence d’oedème
est un bon indice de carence énergétique.
2. La fonte musculaire, en particulier dans
la région temporale et le dos de la main, entre le pouce et l’index,
suggère une carence protéinocalorique.
3. La peau sèche et squameuse accompagnée
de pigmentation résulte d’une carence en vitamines et en oligo-éléments.
4. La fissure à l’angle de la bouche (chéilite)
est due à une carence en riboflavine.
5. La glossite et l’atrophie des papilles
linguales sont dues à une carence en vitamine B12 , en folates
ou en fer.
6. L’hépatomégalie peut être causée
par un foie gras, symptôme courant de malnutrition protéique ou
d’alcoolisme.
7. La neuropathie périphérique
(diminution du sens de position), la diminution du sens vibratoire et
l’ataxie peuvent être causées par une carence en vitamine B12
.
8. La faiblesse et la paresthésie des
membres sont des signes de polyneuropathie nutritionnelle, en particulier
chez les alcooliques (carence en thiamine ou en pyridoxine).
9. Anémie due à une carence en fer, en
folate ou en vitamine B12 , ou à des troubles chroniques.
10. Oedème périphérique (en relation
avec l’hypoalbuminémie).

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