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Chapitre 1:
Symptômes et signes

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Index
Remerciements
Déni de responsabilité

 

 

 


 

12. MALNUTRITION / D.G. Patel page 27

12.1
Description

La nutrition peut se définir comme le processus selon lequel un organisme utilise les aliments ingérés. Ce processus complexe comporte plusieurs étapes : l’ingestion, la digestion, l’absorption, le transport, l’utilisation et l’excrétion. Toute perturbation d’une ou de plusieurs de ces étapes peut engendrer la malnutrition. Dans l’ensemble, la malnutrition primaire par un apport alimentaire insuffisant constitue la cause de malnutrition la plus courante. En Occident, la malnutrition est principalement due à un apport inadéquat de nutriments, à la malabsorption ou à l’hypercatabolisme chez un patient gravement malade. Le rôle de la malnutrition protéinoénergétique est de plus en plus reconnu dans les troubles nutritionnels, comme l’anorexie mentale.

 

12.2 Mécanisme page 28

La malnutrition liée aux troubles gastro-intestinaux est habituellement multifactorielle, et varie selon la nature et les effets de la maladie.

1. Absence d’apport alimentaire attribuable à l’anorexie ou symptômes liés aux aliments, comme la dysphagie, la douleur ou les vomissements.

2. Mauvaise digestion due à une atteinte pancréatique. La carence en sels biliaires imputable à une maladie hépatobiliaire cholestatique ou à un trouble iléal entraîne une mauvaise digestion des triglycérides et des vitamines liposolubles. La stéatorrhée (malabsorption des graisses) engendre un bilan calorique négatif et une carence en vitamines liposolubles.

3. Malabsorption due à une atteinte de la muqueuse de l’intestin grêle ou à une diminution de la surface d’absorption, en raison d’un court-circuit intestinal, d’une fistule ou d’une résection.

4. Perte excessive de nutriments, comme dans les cas d’entéropathie exsudative et perte de zinc dans les cas de maladies diarrhéiques.

5. Certains agents thérapeutiques pouvant perturber de façon sélective l’utilisation des nutriments; l’usage de cholestyramine, par exemple, pour contrer une diarrhée déclenchée par les acides biliaires peut aggraver la stéatorrhée.

6. L’alcoolisme, cause extrêmement courante de malnutrition en Occident. Les conditions socio-économiques, les troubles de comportement, l’isolement et la dépression entraînent une diminution de l’apport de nutriments. Les alcooliques ont rarement un régime alimentaire équilibré et dépendent très fortement des calories «vides» de l’alcool. Les carences en protéines et en vitamines, en particulier en vitamines du groupe B, sont extrêmement courantes. L’alcool est un agent toxique susceptible d’entraîner, même en présence d’un apport nutritionnel adéquat, des lésions du pancréas, du foie et de la muqueuse de l’intestin grêle qui aggravent la malnutrition.

 

12.3 Signes de malnutrition page 29

1. La perte de poids en l’absence d’oedème est un bon indice de carence énergétique.

2. La fonte musculaire, en particulier dans la région temporale et le dos de la main, entre le pouce et l’index, suggère une carence protéinocalorique.

3. La peau sèche et squameuse accompagnée de pigmentation résulte d’une carence en vitamines et en oligo-éléments.

4. La fissure à l’angle de la bouche (chéilite) est due à une carence en riboflavine.

5. La glossite et l’atrophie des papilles linguales sont dues à une carence en vitamine B12 , en folates ou en fer.

6. L’hépatomégalie peut être causée par un foie gras, symptôme courant de malnutrition protéique ou d’alcoolisme.

7. La neuropathie périphérique (diminution du sens de position), la diminution du sens vibratoire et l’ataxie peuvent être causées par une carence en vitamine B12 .

8. La faiblesse et la paresthésie des membres sont des signes de polyneuropathie nutritionnelle, en particulier chez les alcooliques (carence en thiamine ou en pyridoxine).

9. Anémie due à une carence en fer, en folate ou en vitamine B12 , ou à des troubles chroniques.

10. Oedème périphérique (en relation avec l’hypoalbuminémie).

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