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/ L.J. Scully |
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État caractérisé par une hausse des taux
sériques de bilirubine qui s’accompagne d’une coloration jaune de la
peau et des muqueuses, imputable au dépôt de pigments biliaires.
La bilirubine est un déchet du métabolisme
de l’hémoglobine. L’interruption du métabolisme à l’une ou
l’autre de ses étapes ou une augmentation marquée de la concentration
de bilirubine due à la destruction des globules rouges se traduisent par
une hyperbilirubinémie et, lorsque cette dernière est suffisamment élevée,
par un ictère clinique.
Dans des circonstances normales, les globules rouges sénescents sont
captés et détruits dans le système réticulo-endothélial. Au cours
d’un certain nombre d’étapes, l’hème de l’hémoglobine est
transformé en bilirubine; fortement liée à l’albumine, celle-ci est
transportée dans le plasma jusqu’aux hépatocytes. La bilirubine y est
alors captée, conjuguée avec l’acide glucuronique et excrétée dans
la bile sous forme diglucuronoconjuguée au niveau du duodénum. Dans
l’intestin, les bactéries dégradent la bilirubine en urobilinogène
dont 80 % est éliminé dans les selles, ce qui contribue à la coloration
normale des selles. Le 20 % qui reste est réabsorbé et excrété dans la
bile et l’urine (circulation entéro-hépatique de l’urobilinogène).
Une obstruction fonctionnelle ou anatomique à presque n’importe
quelle étape de l’excrétion (à partir de l’hémoglobine jusqu’à
la captation par la membrane hépatocellulaire et l’excrétion dans le
système biliaire) provoque un ictère et une hyperbilirubinémie. Une
forte augmentation des produits de dégradation de l’hémoglobine seule
(p. ex. l’anémie hémolytique) entraîne une hyperbilirubinémie non
conjuguée. Si le trouble survient après les étapes de captation et de
conjugaison, on observe une hyperbilirubinémie conjuguée. Les causes de
l’ictère se classent ordinairement comme suit : 1) hémolyse, 2)
anomalies génétiques du métabolisme de la bilirubine, 3) affection hépatocellulaire
et 4) obstruction.
| 15.3 Présentation
clinique |
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On décèle un ictère clinique lorsque la
bilirubinémie atteint de 2 à 4 mg/dL (de 40 à 80 µmol/L).
L’apparition de l’ictère est habituellement précédée pendant
quelques jours de selles pâles, puisque l’excrétion de la bilirubine
dans l’intestin est moindre, et d’urines foncées (en raison d’une
augmentation de la filtration glomérulaire de la bilirubine conjuguée).
En général, l’ictère est tout d’abord visible dans la sclérotique,
bien que la bilirubine se dépose véritablement dans les membranes
conjonctives sus-jacentes. Un jaunissement de la peau sans ictère scléral
doit suggérer une caroténémie ou l’ingestion de médicaments comme la
quinacrine.
Sauf lorsque l’ictère est secondaire à l’hémolyse, la plupart
des patients éprouvent des nausées, de l’anorexie et un malaise à la
région hépatique. On peut déceler une hépatomégalie, des masses dans
la région épigastrique ou du pancréas, ou une dilatation de la vésicule
biliaire. Des signes d’hépatopathie chronique comme des angiomes
stellaires ou un érythème palmaire sont importants. L’ictère peut
s’accompagner de prurit, probablement en raison du dépôt de sels
biliaires dans la peau (ou de la rétention d’un agent prurigène
habituellement excrété dans la bile).
Plusieurs anomalies génétiques touchant la conjugaison ou l’excrétion
de la bilirubine peuvent être à l’origine d’une hyperbilirubinémie
conjuguée ou non conjuguée de longue date.
| 15.4 Démarche
diagnostique |
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Il faut en tout premier lieu déterminer si
l’ictère résulte d’une hyperbilirubinémie conjuguée ou non conjuguée
(figure 3). La
bilirubine sérique totale peut être fractionnée en bilirubine conjuguée
et en bilirubine non conjuguée, mais la présence de bile dans l’urine
déterminée au moyen d’une bandelette réactive confirme qu’il
s’agit surtout d’une hausse de la concentration en bilirubine conjuguée.
Lorsqu’il s’agit de bilirubine non conjuguée, l’hémolyse ou des
anomalies génétiques sont en cause. Si la bilirubine est conjuguée, des
épreuves de la fonction hépatique (AST, ALT, GGT et phosphatase alcaline)
aideront à déterminer si l’ictère est principalement dû à une
obstruction / cholestase (hausse de la GGT et de la phosphatase alcaline)
ou à une lésion hépatocellulaire (hausse de l’AST et de l’ALT). En
présence d’un ictère cholestatique, l’échographie constitue le
meilleur examen initial pour déceler une atteinte des voies biliaires.
S’il s’agit d’un ictère cholestatique, une échographie de
l’abdomen s’impose pour déterminer s’il y a obstruction et
dilatation des canaux biliaires et intrahépatiques.
Le traitement de l’ictère par
obstruction s’attaque à la cause lorsque cela est possible (p. ex.
l’ablation des calculs biliaires faisant obstruction). L’ictère
secondaire à une affection hépatocellulaire, comme une hépatite virale,
n’exige aucun traitement spécifique. L’ictère imputable à
l’alcool, à une toxine ou à un médicament nécessite l’interruption
des agents responsables.

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