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À L'AFFECTION HÉPATIQUE CHRONIQUE
L.J. Scully |
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L’ascite est l’accumulation de liquide
non sanguin dans la cavité péritonéale.
En présence d’une hépatopathie
importante, la synthèse de l’albumine est réduite. L’hypoalbuminémie
entraîne une diminution de la pression osmotique intravasculaire, ce qui
modifie le débit sanguin rénal et engendre une rétention hydrosodée.
La hausse des taux d’aldostérone probablement due à la diminution du
catabolisme de cette hormone par le foie y contribue également. On
observe une rétention hydrosodée générale, mais l’accumulation de
liquide peut être confinée à la cavité péritonéale ou associée avec
un oedème périphérique. L’ascite résulte d’une hypertension
portale et de la transsudation de liquide des capillaires du système
porte à la cavité péritonéale. La production de lymphe hépatique
augmente également et celle-ci s’épanche directement dans la cavité péritonéale.
| 16.3 Symptômes
et signes |
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L’ascite s’accompagne le plus souvent
d’une distension abdominale, fréquemment associée avec une sensation
inconfortable de ballonnement, et parfois de nausées et d’anorexie. Un
essoufflement peut résulter d’une élévation du diaphragme ou d’une
effusion pleurale. L’ascite peut s’accompagner d’oedème malléolaire.
À l’examen clinique, l’inspection révèle une plénitude des
flancs. On peut constater une matité déclive à la percussion ou
provoquer le « signe du flot ». En l’absence de signes cliniques, l’échographie
permet de déceler de plus petites quantités de liquide. Il convient de
rechercher d’autres signes d’hypertension portale, comme la dilatation
des veines de la paroi abdominale ou une splénomégalie.
| 16.4 Diagnostic
différentiel |
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Il faut procéder à une ponction de
l’ascite récemment formée pour déterminer la concentration
d’albumine, la numération globulaire du liquide et procéder à
l’examen cytologique. Le liquide est le plus souvent clair et de couleur
jaune paille. De la lymphe peut, à l’occasion, s’accumuler dans la
cavité péritonéale et causer une « ascite chyleuse » qui nécessite
un traitement différent. Le liquide ascitique peut devenir infecté et le
nombre de globules blancs y est alors élevé. Si le liquide est
sanguinolent, il faut rechercher d’autres causes, comme une infection ou
un cancer. La détermination du gradient séroascitique d’albumine est
la meilleure façon de confirmer que l’ascite est secondaire à une
hypertension portale, puisque le gradient y est élevé, c’est-à-dire
supérieur à 11 g/L, tandis qu’il est faible lorsque l’ascite est due
à une carcinomatose péritonéale. Cette méthode est beaucoup plus précise
que l’ancienne, qui consistait à déterminer si le liquide ascitique
est un transsudat ou un exsudat.
Le traitement comporte tout d’abord le
repos au lit et un régime hyposodé. Dans la plupart des cas, il faut
aussi ajouter un diurétique, comme la spironolactone. Le retrait
minutieux de grandes quantités de liquide ascitique (jusqu’à 8 L) par
ponction évacuatrice peut s’imposer dans certains cas résistants;
cette intervention peut se faire sans danger et, si la concentration sérique
d’albumine est très faible, on fera précéder la paracentèse d’une
perfusion intraveineuse d’albumine.

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