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Chapitre 1:
Symptômes et signes

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Remerciements
Déni de responsabilité

 

 

 


 

5. DYSPHAGIE / A.S.C. Sekar page 9

5.1
Description

Dysphagie signifie difficulté à avaler. Certains patients déclarent avoir l’impression que les aliments leur « collent » dans la gorge ou derrière le sternum.

 

5.2 Caractéristiques importantes de l’anamnèse et diagnostic différentiel page 9

Il importe de procéder à une anamnèse minutieuse. Le rétrécissement mécanique est une cause courante; il faut bien distinguer entre la sténose inflammatoire et le carcinome. La dysphagie dont la durée est relativement brève (p. ex. quelques mois seulement) et dont la gravité s’accroît suggère un rétrécissement mécanique progressif de la lumière oesophagienne, comme peut en produire un carcinome de l’oesophage. En présence d’une affection bénigne, les symptômes sont souvent plus anciens qu’en présence d’un carcinome. Des antécédents de brûlures d’estomac ou de régurgitation acide chez un patient atteint de dysphagie progressive peuvent indiquer une sténose oesophagienne bénigne secondaire à un reflux gastro-oesophagien. On ne trouve cependant pas d’antécédents francs de brûlures d’estomac ou de régurgitation acide chez tous les patients atteints de sténose oesophagienne bénigne, en particulier lorsqu’ils sont âgés. Des antécédents d’ingestion d’agents caustiques, comme la lessive de soude, suggèrent une sténose oesophagienne secondaire à une oesophagite chimique grave.

Les infections de l’oesophage peuvent aussi causer des difficultés de déglutition; habituellement imputables à Candida albicans ou au virus herpétique, elles s’accompagnent fréquemment d’une douleur intense à la déglutition, appelée odynophagie. La gravité de l’odynophagie est souvent telle que le patient a même de la difficulté à avaler sa salive. Bien que l’oesophagite herpétique puisse survenir chez des patients relativement sains, l’oesophagite à Candida s’observe plutôt en présence de diabète, de tumeur maligne sous-jacente ou d’immunodépression.

Le patient dysphagique peut montrer du doigt l’endroit de l’obstruction, mais ce geste n’est pas toujours fiable. Une sténose de l’oesophage distal peut être ressentie dans la région xiphoïde, ou même jusque dans la gorge. Une obstruction de l’oesophage supérieur se ressent au niveau de la gorge, et non plus bas dans le thorax.

La dysphagie peut aussi accompagner les troubles moteurs de l’oesophage, dont le spasme oesophagien et l’achalasie : ces troubles peuvent entraîner une dysphagie aux aliments solides ou liquides. Cette dysphagie est intermittente, et sa première manifestation peut remonter loin dans le temps. Dans les cas de spasme oesophagien, la dysphagie s’accompagne parfois de douleur (odynophagie), en particulier au moment de l’ingestion de liquides trop froids ou trop chauds. Ces patients parviennent habituellement, en buvant, à faire passer les aliments retenus dans l’oesophage, tandis que ceux atteints d’une dysphagie d’origine mécanique (dans le cas d’une sténose, par exemple) sont parfois obligés de régurgiter ces aliments pour obtenir un soulagement.

La présence d’un anneau muqueux à la jonction oeso-gastrique (anneau de l’oesophage inférieur ou de Schatzki) est aussi une cause courante de dysphagie intermittente. À l’occasion, au moment de la déglutition d’un bol alimentaire relativement volumineux, cet anneau peut produire une obstruction mécanique entraînant l’apparition spectaculaire d’une dysphagie aiguë parfois douloureuse. Ces patients doivent souvent quitter la table pour régurgiter. Les patients qui présentent un anneau de Schatzki tolèrent habituellement leurs symptômes pendant de nombreuses années avant de consulter un médecin.

5.2.1 AUTRES CAUSES DE DYSPHAGIE PROXIMALE

Le syndrome de Kelly-Paterson, ou syndrome de Plummer-Vinson, est une cause rare de dysphagie oesophagienne haute. Une anémie ferriprive chronique est alors associée avec un rétrécissement de l’oesophage supérieur imputable à la formation d’un repli semi-lunaire (web).

La dysphagie cricopharyngienne peut aussi être due à la présence d’un diverticule de pulsion de l’oesophage ou de Zenker, qui résulte d’une anomalie du sphincter cricopharyngien. Les patients porteurs de ce diverticule se plaignent souvent de régurgiter des particules d’aliments non digérés ingérés la veille.

La dysphagie haute peut aussi être d’origine non oesophagienne. Une affection neuromusculaire sous-jacente peut causer une dysphagie cricopharyngienne et rendre difficile l’amorce de la déglutition. Un gros goître ou une tumeur du médiastin peuvent exercer une compression extrinsèque sur la partie supérieure de l’oesophage.

 

5.3 Démarche diagnostique et thérapeutique page 10

Une gorgée barytée constitue l’examen initial le plus important pour le diagnostic de la dysphagie. Elle peut révéler un diverticule de Zenker, une sténose oesophagienne (bénigne ou maligne) ou un anneau de Schatzki. L’endoscopie et des biopsies sont indiquées lorsqu’on soupçonne une inflammation ou une néoplasie de l’oesophage. Si la gorgée barytée révèle une sténose, il faut procéder à une endoscopie avec biopsies afin de déterminer si la sténose est bénigne ou maligne. Une fois le diagnostic établi par endoscopie, les sténoses bénignes doivent être dilatées. La gorgée barytée peut permettre le diagnostic des troubles moteurs, comme le spasme oesophagien et l’achalasie. La manométrie oesophagienne permet souvent de confirmer ces troubles moteurs.

Le traitement varie selon la cause de la dysphagie. Ainsi, l’oesophagite par reflux sera traitée par les mesures antireflux habituelles avec ou sans médicaments procinétiques, comme le cisapride monohydrate, des antagonistes des récepteurs H2 , comme la ranitidine, ou un inhibiteur de la pompe à protons, comme l’oméprazole. Les sténoses oesophagiennes peuvent être dilatées au moment de l’endoscopie. Le cancer de l’oesophage nécessite soit une intervention chirurgicale, la radiothérapie ou l’insertion palliative d’une prothèse. Les troubles moteurs de l’oesophage peuvent parfois être maîtrisés par des médicaments comme la nitroglycérine ou des inhibiteurs des canaux calciques. L’achalasie et le spasme oesophagien nécessitent quelquefois une myotomie chirurgicale ou une dilatation pneumatique.

 

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