
 
| 5. DYSPHAGIE
/ A.S.C. Sekar |
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Dysphagie signifie difficulté à avaler.
Certains patients déclarent avoir l’impression que les aliments leur «
collent » dans la gorge ou derrière le sternum.
| 5.2 Caractéristiques
importantes de l’anamnèse et diagnostic différentiel |
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Il importe de procéder à une anamnèse
minutieuse. Le rétrécissement mécanique est une cause courante; il faut
bien distinguer entre la sténose inflammatoire et le carcinome. La
dysphagie dont la durée est relativement brève (p. ex. quelques mois
seulement) et dont la gravité s’accroît suggère un rétrécissement mécanique
progressif de la lumière oesophagienne, comme peut en produire un
carcinome de l’oesophage. En présence d’une affection bénigne, les
symptômes sont souvent plus anciens qu’en présence d’un carcinome.
Des antécédents de brûlures d’estomac ou de régurgitation acide chez
un patient atteint de dysphagie progressive peuvent indiquer une sténose
oesophagienne bénigne secondaire à un reflux gastro-oesophagien. On ne
trouve cependant pas d’antécédents francs de brûlures d’estomac ou
de régurgitation acide chez tous les patients atteints de sténose
oesophagienne bénigne, en particulier lorsqu’ils sont âgés. Des antécédents
d’ingestion d’agents caustiques, comme la lessive de soude, suggèrent
une sténose oesophagienne secondaire à une oesophagite chimique grave.
Les infections de l’oesophage peuvent aussi causer des difficultés
de déglutition; habituellement imputables à Candida albicans ou
au virus herpétique, elles s’accompagnent fréquemment d’une douleur
intense à la déglutition, appelée odynophagie. La gravité de
l’odynophagie est souvent telle que le patient a même de la difficulté
à avaler sa salive. Bien que l’oesophagite herpétique puisse survenir
chez des patients relativement sains, l’oesophagite à Candida s’observe
plutôt en présence de diabète, de tumeur maligne sous-jacente ou
d’immunodépression.
Le patient dysphagique peut montrer du doigt l’endroit de
l’obstruction, mais ce geste n’est pas toujours fiable. Une sténose
de l’oesophage distal peut être ressentie dans la région xiphoïde, ou
même jusque dans la gorge. Une obstruction de l’oesophage supérieur se
ressent au niveau de la gorge, et non plus bas dans le thorax.
La dysphagie peut aussi accompagner les troubles moteurs de
l’oesophage, dont le spasme oesophagien et l’achalasie : ces troubles
peuvent entraîner une dysphagie aux aliments solides ou liquides. Cette
dysphagie est intermittente, et sa première manifestation peut remonter
loin dans le temps. Dans les cas de spasme oesophagien, la dysphagie
s’accompagne parfois de douleur (odynophagie), en particulier au moment
de l’ingestion de liquides trop froids ou trop chauds. Ces patients
parviennent habituellement, en buvant, à faire passer les aliments
retenus dans l’oesophage, tandis que ceux atteints d’une dysphagie
d’origine mécanique (dans le cas d’une sténose, par exemple) sont
parfois obligés de régurgiter ces aliments pour obtenir un soulagement.
La présence d’un anneau muqueux à la jonction oeso-gastrique (anneau
de l’oesophage inférieur ou de Schatzki) est aussi une cause courante
de dysphagie intermittente. À l’occasion, au moment de la déglutition
d’un bol alimentaire relativement volumineux, cet anneau peut produire
une obstruction mécanique entraînant l’apparition spectaculaire
d’une dysphagie aiguë parfois douloureuse. Ces patients doivent souvent
quitter la table pour régurgiter. Les patients qui présentent un anneau
de Schatzki tolèrent habituellement leurs symptômes pendant de
nombreuses années avant de consulter un médecin.
| 5.2.1 AUTRES CAUSES DE
DYSPHAGIE PROXIMALE |
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Le syndrome de Kelly-Paterson, ou syndrome
de Plummer-Vinson, est une cause rare de dysphagie oesophagienne haute.
Une anémie ferriprive chronique est alors associée avec un rétrécissement
de l’oesophage supérieur imputable à la formation d’un repli semi-lunaire
(web).
La dysphagie cricopharyngienne peut aussi être due à la présence
d’un diverticule de pulsion de l’oesophage ou de Zenker, qui résulte
d’une anomalie du sphincter cricopharyngien. Les patients porteurs de ce
diverticule se plaignent souvent de régurgiter des particules
d’aliments non digérés ingérés la veille.
La dysphagie haute peut aussi être d’origine non oesophagienne. Une
affection neuromusculaire sous-jacente peut causer une dysphagie
cricopharyngienne et rendre difficile l’amorce de la déglutition. Un
gros goître ou une tumeur du médiastin peuvent exercer une compression
extrinsèque sur la partie supérieure de l’oesophage.
| 5.3 Démarche
diagnostique et thérapeutique |
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Une gorgée barytée constitue l’examen
initial le plus important pour le diagnostic de la dysphagie. Elle peut révéler
un diverticule de Zenker, une sténose oesophagienne (bénigne ou maligne)
ou un anneau de Schatzki. L’endoscopie et des biopsies sont indiquées
lorsqu’on soupçonne une inflammation ou une néoplasie de l’oesophage.
Si la gorgée barytée révèle une sténose, il faut procéder à une
endoscopie avec biopsies afin de déterminer si la sténose est bénigne
ou maligne. Une fois le diagnostic établi par endoscopie, les sténoses bénignes
doivent être dilatées. La gorgée barytée peut permettre le diagnostic
des troubles moteurs, comme le spasme oesophagien et l’achalasie. La
manométrie oesophagienne permet souvent de confirmer ces troubles moteurs.
Le traitement varie selon la cause de la
dysphagie. Ainsi, l’oesophagite par reflux sera traitée par les mesures
antireflux habituelles avec ou sans médicaments procinétiques, comme le
cisapride monohydrate, des antagonistes des récepteurs H2 ,
comme la ranitidine, ou un inhibiteur de la pompe à protons, comme l’oméprazole.
Les sténoses oesophagiennes peuvent être dilatées au moment de
l’endoscopie. Le cancer de l’oesophage nécessite soit une
intervention chirurgicale, la radiothérapie ou l’insertion palliative
d’une prothèse. Les troubles moteurs de l’oesophage peuvent parfois
être maîtrisés par des médicaments comme la nitroglycérine ou des
inhibiteurs des canaux calciques. L’achalasie et le spasme oesophagien nécessitent
quelquefois une myotomie chirurgicale ou une dilatation pneumatique.

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