
 
| 7. NAUSÉES ET
VOMISSEMENTS / W.G. Thompson |
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Haut-le-coeur, envie de restituer, de vomir.
Les nausées constituent une expérience
psychique aussi bien que physique, et on ne leur connaît aucune définition
précise. Les vomissements sont l’expulsion du contenu gastrique par la
bouche. Les nausées précèdent habituellement les vomissements souvent
accompagnés de tachycardie, d’hypersalivation et de diaphorèse.
Une variété de stimuli peuvent produire
des nausées, comme la stimulation labyrinthique, la douleur, des
souvenirs déplaisants. Les voies neurologiques liées aux nausées ne
sont pas connues, mais les données disponibles suggèrent qu’elles sont
les mêmes que celles qui interviennent dans les vomissements. Pendant les
nausées, le tonus gastrique et le péristaltisme sont inhibés, tandis
que le tonus du duodénum et du jéjunum proximal a tendance à être plus
intense; il y a de fréquents reflux du contenu duodénal vers l’estomac.
Les vomissements surviennent lorsque le contenu gastrique remonte avec
force dans la gorge pour être expulsé par la bouche. Ils accompagnent
une intense contraction soutenue des muscles abdominaux alors que le
cardia est soulevé, ouvert, et le pylore, contracté. L’élévation du
cardia élimine la portion intra-abdominale de l’oesophage et relâche
le sphincter oesophagien inférieur, ce qui permet au contenu de
l’estomac de pénétrer dans l’oesophage. L’acte de vomir se termine
par l’élévation rapide du diaphragme, et le renversement de la
pression thoracique de négative à positive. La glotte se ferme, le
palais mou s’élève, la bouche s’ouvre et le contenu de l’estomac
est expulsé. La régulation des vomissements relève de deux unités
anatomiques et fonctionnelles séparées, le centre du vomissement et une
zone chémoréceptrice réflexogène. Le centre du vomissement est situé
dans la formation réticulaire du bulbe rachidien et il est stimulé
directement par des influx afférents viscéraux (voies sympathique et
vague) émanant du tube digestif et d’autres aires de stimulation périphérique.
Ces aires de stimulation se trouvent dans le cortex cérébral, le
pharynx, les vaisseaux cardiaques, le péritoine, les canaux biliaires et
l’estomac. La zone chémoréceptrice réflexogène est située sur le
plancher du quatrième ventricule, du côté sanguin de la barrière hémato-encéphalique;
elle ne peut pas causer de vomissements sans la participation du centre de
vomissement.
| 7.4 Anamnèse
et examen physique |
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Les patients peuvent se plaindre de nausées
et d’hypersalivation. Les nausées et les vomissements causés par un
trouble gastro-intestinal peuvent s’accompagner de symptômes de brûlures
d’estomac ou de douleur épigastrique. Avant de vomir, les patients
peuvent avoir des haut-le-coeur (mouvements respiratoires avortés
spasmodiques avec glotte fermée).
L’interrogatoire doit chercher à mettre en évidence les facteurs déclenchants,
les autres symptômes évocateurs de la cause sous-jacente, la prise de médicaments
et les habitudes alimentaires du patient. L’interrogatoire doit aussi
rechercher les traumatismes psychologiques ou les perturbations de
l’image corporelle suggérant une anorexie mentale.
L’examen physique est souvent normal. Une masse abdominale peut évoquer
une cause sous-jacente (p. ex. le cancer gastrique). Des vomissements
prolongés risquent d’entraîner la déshydratation, des troubles électrolytiques
et une atteinte rénale.
| 7.5 Diagnostic
différentiel |
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Les nausées prolongées ont rarement une
origine organique. Les causes des nausées et des vomissements sont
nombreuses, notamment les troubles intracérébraux (p. ex. l’hydrocéphalie,
la tumeur cérébrale), l’excitation des aires de stimulation périphériques
(p. ex. la douleur thoracique intense ou la douleur associée avec des
calculs rénaux), une maladie systémique (p. ex. le cancer), la prise de
médicaments et la grossesse. Les maladies digestives hautes associées (l’oesophagite,
l’ulcère gastro-duodénal, le cancer gastrique) sont des causes
courantes. Les nausées et les vomissements tôt le matin suggèrent une
grossesse, un reflux gastro-oesophagien, un sevrage alcoolique, un désordre
métabolique (p. ex. l’urémie, l’acidose diabétique) ou une origine
psychogène.
| 7.6 Démarche
diagnostique et thérapeutique |
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Chez un patient souffrant de nausées et de
vomissements, il convient de rechercher et de corriger toute cause
sous-jacente. Des vomissements prolongés peuvent mener à une déshydratation
et à des désordres électrolytiques susceptibles d’exiger des
remplacements par voie intraveineuse. La prise de médicaments doit être
interrompue.
De nombreux médicaments possèdent une action antiémétique. Les
antihistaminiques agissent sur l’appareil vestibulaire ainsi que sur la
zone chémoréceptrice réflexogène. Les phénothiazines exercent aussi
leur action sur cette zone. Le métoclopramide, la dompéridone et le
cisapride monohydrate sont tous trois des agents antiémétiques et procinétiques
gastriques (agents qui stimulent la vidange de l’estomac). La dompéridone
exerce son action sur la zone chémoréceptrice réflexogène, tandis que
le métoclopramide traverse la barrière hémato-encéphalique et agit sur
le centre du vomissement. Le cisapride, un agent procinétique plus récent,
n’a aucun effet sur la zone chémoréceptrice réflexogène ni sur le
centre du vomissement. Comme les autres agents procinétiques, il peut
soulager la nausée et les vomissements si ces derniers sont dus à une
stase gastrique ou à une gastroparésie.
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