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Chapitre 1:
Symptômes et signes

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Index
Remerciements
Déni de responsabilité

 

 

 


 

7. NAUSÉES ET VOMISSEMENTS / W.G. Thompson page 13

7.1
Synonymes

Haut-le-coeur, envie de restituer, de vomir.

 

7.2 Description page 13

Les nausées constituent une expérience psychique aussi bien que physique, et on ne leur connaît aucune définition précise. Les vomissements sont l’expulsion du contenu gastrique par la bouche. Les nausées précèdent habituellement les vomissements souvent accompagnés de tachycardie, d’hypersalivation et de diaphorèse.

 

7.3 Mécanisme (figure 2) page 13

Une variété de stimuli peuvent produire des nausées, comme la stimulation labyrinthique, la douleur, des souvenirs déplaisants. Les voies neurologiques liées aux nausées ne sont pas connues, mais les données disponibles suggèrent qu’elles sont les mêmes que celles qui interviennent dans les vomissements. Pendant les nausées, le tonus gastrique et le péristaltisme sont inhibés, tandis que le tonus du duodénum et du jéjunum proximal a tendance à être plus intense; il y a de fréquents reflux du contenu duodénal vers l’estomac.

Les vomissements surviennent lorsque le contenu gastrique remonte avec force dans la gorge pour être expulsé par la bouche. Ils accompagnent une intense contraction soutenue des muscles abdominaux alors que le cardia est soulevé, ouvert, et le pylore, contracté. L’élévation du cardia élimine la portion intra-abdominale de l’oesophage et relâche le sphincter oesophagien inférieur, ce qui permet au contenu de l’estomac de pénétrer dans l’oesophage. L’acte de vomir se termine par l’élévation rapide du diaphragme, et le renversement de la pression thoracique de négative à positive. La glotte se ferme, le palais mou s’élève, la bouche s’ouvre et le contenu de l’estomac est expulsé. La régulation des vomissements relève de deux unités anatomiques et fonctionnelles séparées, le centre du vomissement et une zone chémoréceptrice réflexogène. Le centre du vomissement est situé dans la formation réticulaire du bulbe rachidien et il est stimulé directement par des influx afférents viscéraux (voies sympathique et vague) émanant du tube digestif et d’autres aires de stimulation périphérique. Ces aires de stimulation se trouvent dans le cortex cérébral, le pharynx, les vaisseaux cardiaques, le péritoine, les canaux biliaires et l’estomac. La zone chémoréceptrice réflexogène est située sur le plancher du quatrième ventricule, du côté sanguin de la barrière hémato-encéphalique; elle ne peut pas causer de vomissements sans la participation du centre de vomissement.

 

7.4 Anamnèse et examen physique page 15

Les patients peuvent se plaindre de nausées et d’hypersalivation. Les nausées et les vomissements causés par un trouble gastro-intestinal peuvent s’accompagner de symptômes de brûlures d’estomac ou de douleur épigastrique. Avant de vomir, les patients peuvent avoir des haut-le-coeur (mouvements respiratoires avortés spasmodiques avec glotte fermée).

L’interrogatoire doit chercher à mettre en évidence les facteurs déclenchants, les autres symptômes évocateurs de la cause sous-jacente, la prise de médicaments et les habitudes alimentaires du patient. L’interrogatoire doit aussi rechercher les traumatismes psychologiques ou les perturbations de l’image corporelle suggérant une anorexie mentale.

L’examen physique est souvent normal. Une masse abdominale peut évoquer une cause sous-jacente (p. ex. le cancer gastrique). Des vomissements prolongés risquent d’entraîner la déshydratation, des troubles électrolytiques et une atteinte rénale.

 

7.5 Diagnostic différentiel page 15

Les nausées prolongées ont rarement une origine organique. Les causes des nausées et des vomissements sont nombreuses, notamment les troubles intracérébraux (p. ex. l’hydrocéphalie, la tumeur cérébrale), l’excitation des aires de stimulation périphériques (p. ex. la douleur thoracique intense ou la douleur associée avec des calculs rénaux), une maladie systémique (p. ex. le cancer), la prise de médicaments et la grossesse. Les maladies digestives hautes associées (l’oesophagite, l’ulcère gastro-duodénal, le cancer gastrique) sont des causes courantes. Les nausées et les vomissements tôt le matin suggèrent une grossesse, un reflux gastro-oesophagien, un sevrage alcoolique, un désordre métabolique (p. ex. l’urémie, l’acidose diabétique) ou une origine psychogène.

 

7.6 Démarche diagnostique et thérapeutique page 16

Chez un patient souffrant de nausées et de vomissements, il convient de rechercher et de corriger toute cause sous-jacente. Des vomissements prolongés peuvent mener à une déshydratation et à des désordres électrolytiques susceptibles d’exiger des remplacements par voie intraveineuse. La prise de médicaments doit être interrompue.

De nombreux médicaments possèdent une action antiémétique. Les antihistaminiques agissent sur l’appareil vestibulaire ainsi que sur la zone chémoréceptrice réflexogène. Les phénothiazines exercent aussi leur action sur cette zone. Le métoclopramide, la dompéridone et le cisapride monohydrate sont tous trois des agents antiémétiques et procinétiques gastriques (agents qui stimulent la vidange de l’estomac). La dompéridone exerce son action sur la zone chémoréceptrice réflexogène, tandis que le métoclopramide traverse la barrière hémato-encéphalique et agit sur le centre du vomissement. Le cisapride, un agent procinétique plus récent, n’a aucun effet sur la zone chémoréceptrice réflexogène ni sur le centre du vomissement. Comme les autres agents procinétiques, il peut soulager la nausée et les vomissements si ces derniers sont dus à une stase gastrique ou à une gastroparésie.

 

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