Le pancréas sécrète un suc iso-osmotique, à raison de 1 500 à 3 000 mL par jour. Ce suc a un pH variant entre 8,0 et 8,5, et il contient des enzymes pour la dégradation des lipides, des sucres, des protéines, de leau et des électrolytes. La concentration totale des principaux anions, le Cl et le HCO3 , est environ de 150 mEq/L (figure 4). À un débit maximal, comme cest le cas après un repas, la concentration de HCO3 atteint 150 mEq/L tandis que la concentration de Cl est inférieure à 50 mEq/L. Cette proportion est inversée si le débit est lent. Le pH élevé du suc après un repas neutralise le chyme gastrique acide et porte le contenu duodénal à un pH optimal pour la digestion enzymatique. Le suc pancréatique contient aussi du Ca++ et des traces de Mg++ , de HPO4= et de SO4= , bien que le rôle de ces électrolytes ne soit pas connu.
Des enzymes de quatre types sont
sécrétées par le pancréas; il sagit denzymes protéolytiques,
lipolytiques, nucléolytiques ou capables dhydrolyser les glucides. Deux des enzymes
protéolytiques, la trypsine et la chymotrypsine, sont sécrétées sous forme de
zymogènes. Le trypsinogène et le chymotrypsinogène sont tous les deux activés par les
entérokinases sécrétées par la muqueuse du segment proximal de lintestin. Une
fois que le trypsinogène est transformé en trypsine, celle-ci peut à son tour activer
les zymogènes. La trypsine et la chymotrypsine sont des endopeptidases. Elles sont les
principales enzymes protéolytiques et agissent en scindant les liaisons peptidiques des
protéines alimentaires, produisant ainsi des oligopeptides et des acides aminés.
Les autres enzymes comprennent les carboxypeptidases A et B, et lélastase.
Les
enzymes lipolytiques sont sécrétées sous forme active; la principale est la lipase qui
hydrolyse les triglycérides en diglycérides, en monoglycérides et en acides gras. La
lipase agit comme interface huile-eau des gouttelettes graisseuses. Son action se trouve
donc facilitée lorsque les gouttelettes graisseuses sont émulsifiées par les sels
biliaires et les acides gras. Les sels biliaires forment des agrégats moléculaires
appelés micelles, lesquelles solubilisent les produits de la lipolyse dans le suc
duodénal : lactivité de la lipase est ainsi facilitée à linterface
huile-eau. La colipase, cofacteur de faible poids moléculaire, est sécrétée par le
pancréas. Elle se combine avec la lipase pour éviter que cette dernière soit inhibée
et enlevée de linterface huile-eau par les sels biliaires. La
colipase abaisse en outre le pH optimal de la lipase de 8,5 à 6,5, ce qui correspond au
pH normal du segment proximal de lintestin.
Lamylase hydrolyse lamidon
pour former le maltose, les maltotrioses et les dextrines.
Le quatrième type
denzymes comprend les enzymes nucléolytiques qui hydrolysent les ponts
phosphodiester qui unissent les nucléotides de lacide nucléique.
Il y a deux types de sécrétion
pancréatique. Celle du premier type, la sécrétion basale, est ponctuée toutes
les 60 à 120 minutes de poussées de sécrétion denzymes et de bicarbonate qui
durent de 10 à 15 minutes. Le deuxième type, le stade postprandial qui résulte
dune interaction complexe des mécanismes hormonaux et neuraux, est divisé en trois
phases. La phase céphalique déclenchée par la vue ou le goût des aliments est
probablement transmise par le nerf vague. La stimulation des fibres nerveuses
cholinergiques entraîne la production denzymes et de bicarbonate. La phase
gastrique est partiellement provoquée par la distension de lestomac, laquelle
stimule la libération de gastrine probablement par lintermédiaire des réflexes
vagaux. La libération de gastrine et les réflexes neuraux stimulent la sécrétion
dacide par les cellules pariétales de lestomac ainsi que la sécrétion
enzymatique par le pancréas. La phase intestinale, la plus importante, est amorcée par
lentrée dacide dans le duodénum. Quand le pH duodénal chute à 4,5 ou
moins, la sécrétine est libérée de lintestin, et en retour stimule la
sécrétion du bicarbonate par les canaux pancréatiques. La présence des acides gras,
des oligopeptides et des acides aminés provoque la libération de la cholécystokinine
(CCK), qui stimule la sécrétion denzymes pancréatiques. Il semble que la CCK et
la sécrétine augmentent réciproquement leur action et favorisent la sécrétion de
bicarbonate et denzymes.
Le résultat final de ces interactions est la digestion
des aliments et, par la suite, leur absorption. Bien que la sécrétine et la CCK
stimulent la sécrétion pancréatique, dautres hormones, comme le polypeptide
pancréatique (PP) et le peptide YY, inhibent les sécrétions pancréatiques basale et
stimulée. Ces hormones sécrétées par la muqueuse intestinale semblent agir comme
mécanisme de rétroaction pour inhiber la production pancréatique dautres enzymes
et électrolytes.
La stimulation du nerf vague déclenche la sécrétion de bicarbonate
par le pancréas. Cette activité semble sexercer par lintermédiaire du
peptide intestinal vasoactif (VIP vaso-active intestinal peptide), entre autres.
Lhormone VIP est présente dans les terminaisons du nerf vague et dans tout le tube
digestif. Son rôle physiologique na pas encore été élucidé.
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