
 
| 2. SÉCRÉTIONS
PANCRÉATIQUES |
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| 2.1 Sécrétion de
bicarbonate |
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Le pancréas sécrète un suc iso-osmotique,
à raison de 1 500 à 3 000 mL par jour. Ce suc a un pH variant entre 8,0
et 8,5, et il contient des enzymes pour la dégradation des lipides, des
sucres, des protéines, de l’eau et des électrolytes. La concentration
totale des principaux anions, le Cl– et le HCO3–
, est environ de 150 mEq/L (figure
4). À un débit maximal, comme c’est le cas après un repas, la
concentration de HCO3– atteint 150 mEq/L tandis
que la concentration de Cl– est inférieure à 50 mEq/L.
Cette proportion est inversée si le débit est lent. Le pH élevé du suc
après un repas neutralise le chyme gastrique acide et porte le contenu
duodénal à un pH optimal pour la digestion enzymatique.
Le suc pancréatique contient aussi du Ca++
et des traces de Mg++ , de HPO4= et de SO4=
, bien que le rôle de ces électrolytes ne soit pas connu.
| 2.2 Sécrétion
enzymatique |
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Des enzymes de quatre types sont sécrétées
par le pancréas; il s’agit d’enzymes protéolytiques, lipolytiques,
nucléolytiques ou capables d’hydrolyser les glucides. Deux des enzymes
protéolytiques, la trypsine et la chymotrypsine, sont sécrétées sous
forme de zymogènes. Le trypsinogène et le chymotrypsinogène sont tous
les deux activés par les entérokinases sécrétées par la muqueuse du
segment proximal de l’intestin. Une fois que le trypsinogène est
transformé en trypsine, celle-ci peut à son tour activer les zymogènes.
La trypsine et la chymotrypsine sont des endopeptidases. Elles sont les
principales enzymes protéolytiques et agissent en scindant les liaisons
peptidiques des protéines alimentaires, produisant ainsi des
oligopeptides et des acides aminés. Les autres enzymes comprennent les
carboxypeptidases A et B, et l’élastase.
Les enzymes lipolytiques sont sécrétées sous forme active; la
principale est la lipase qui hydrolyse les triglycérides en diglycérides,
en monoglycérides et en acides gras. La lipase agit comme interface huile-eau
des gouttelettes graisseuses. Son action se trouve donc facilitée lorsque
les gouttelettes graisseuses sont émulsifiées par les sels biliaires et
les acides gras. Les sels biliaires forment des agrégats moléculaires
appelés micelles, lesquelles solubilisent les produits de la lipolyse
dans le suc duodénal : l’activité de la lipase est ainsi facilitée à
l’interface huile-eau. La colipase, cofacteur de faible poids moléculaire,
est sécrétée par le pancréas. Elle se combine avec la lipase pour éviter
que cette dernière soit inhibée et enlevée de l’interface huile-eau
par les sels biliaires. La colipase abaisse en outre le
pH optimal de la lipase de 8,5 à 6,5, ce qui correspond au pH normal du
segment proximal de l’intestin.
L’amylase hydrolyse l’amidon pour former le maltose, les
maltotrioses et les dextrines.
Le quatrième type d’enzymes comprend les enzymes nucléolytiques qui
hydrolysent les ponts phosphodiester qui unissent les nucléotides de
l’acide nucléique.
| 2.3 Régulation de
la sécrétion pancréatique |
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Il y a deux types de sécrétion pancréatique.
Celle du premier type, la sécrétion basale, est ponctuée toutes
les 60 à 120 minutes de poussées de sécrétion d’enzymes et de
bicarbonate qui durent de 10 à 15 minutes. Le deuxième type, le stade
postprandial qui résulte d’une interaction complexe des mécanismes
hormonaux et neuraux, est divisé en trois phases. La phase céphalique déclenchée
par la vue ou le goût des aliments est probablement transmise par le nerf
vague. La stimulation des fibres nerveuses cholinergiques entraîne la
production d’enzymes et de bicarbonate. La phase gastrique est
partiellement provoquée par la distension de l’estomac, laquelle
stimule la libération de gastrine probablement par l’intermédiaire des
réflexes vagaux. La libération de gastrine et les réflexes neuraux
stimulent la sécrétion d’acide par les cellules pariétales de
l’estomac ainsi que la sécrétion enzymatique par le pancréas. La
phase intestinale, la plus importante, est amorcée par l’entrée
d’acide dans le duodénum. Quand le pH duodénal chute à 4,5 ou moins,
la sécrétine est libérée de l’intestin, et en retour stimule la sécrétion
du bicarbonate par les canaux pancréatiques. La présence des acides gras,
des oligopeptides et des acides aminés provoque la libération de la cholécystokinine
(CCK), qui stimule la sécrétion d’enzymes pancréatiques. Il semble
que la CCK et la sécrétine augmentent réciproquement leur action et
favorisent la sécrétion de bicarbonate et d’enzymes.
Le résultat final de ces interactions est la digestion des aliments
et, par la suite, leur absorption. Bien que la sécrétine et la CCK
stimulent la sécrétion pancréatique, d’autres hormones, comme le
polypeptide pancréatique (PP) et le peptide YY, inhibent les sécrétions
pancréatiques basale et stimulée. Ces hormones sécrétées par la
muqueuse intestinale semblent agir comme mécanisme de rétroaction pour
inhiber la production pancréatique d’autres enzymes et électrolytes.
La stimulation du nerf vague déclenche la sécrétion de bicarbonate
par le pancréas. Cette activité semble s’exercer par l’intermédiaire
du peptide intestinal vasoactif (VIP vaso-active intestinal peptide),
entre autres. L’hormone VIP est présente dans les terminaisons du nerf
vague et dans tout le tube digestif. Son rôle physiologique n’a pas
encore été élucidé.
  
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