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3. MALADIE DE LA VÉSICULE BILIAIRE NON LITHIASIQUE
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3.1 Anomalies congénitales
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Les anomalies congénitales de la vésicule et des voies biliaires résultent dune
malformation embryonnaire et présentent un très grand intérêt pour le
chirurgien qui tente didentifier lanatomie biliaire au moment dune cholécystectomie.
Lagénésie de la vésicule biliaire est rare. Curieusement, elle est
associée avec la lithiase du cholédoque.
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3.2 Cholécystite non lithiasique
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3.2.1
CHOLÉCYSTITE AIGUË NON LITHIASIQUE
Linflammation de la vésicule biliaire peut se produire en labsence de calculs.
Bien que rare chez ladulte, la cholécystite aiguë non lithiasique semble être
associée avec le sida, la grossesse, un traumatisme, les brûlures, la septicémie,
ou peut survenir à la suite dune intervention chirurgicale importante. Chez le
jeune enfant, la cholécystite aiguë survient fréquemment en labsence de calculs
et se manifeste à la suite dune maladie fébrile, bien quaucun agent
infectieux précis nait été identifié. La stagnation de la bile parfois accompagnée
de boue biliaire semble être un facteur prédisposant. Une altération
du flux sanguin vers la vésicule biliaire, les facteurs de coagulation et la
prostaglandine peuvent aussi jouer un rôle. Les cytomégalovirus et les cryptosporidies
peuvent causer une cholécystite gangréneuse chez les sidéens.
Les symptômes cliniques sont identiques à ceux de la cholécystite aiguë
lithiasique: douleur, fièvre et sensibilité à la palpation de lhypocondre droit.
Ces symptômes sont souvent masqués par létat sous-jacent gravissime du
patient. Le diagnostic est donc établi au moment de la laparotomie, mais on
peut parfois létablir avant lopération lorsque la vésicule nest pas opacifiée
à la choléscintigraphie (bien que la non-visualisation de la vésicule soit un
critère moins sensible dans ce cas-ci étant donné le jeûne prolongé de nombreux
patients) ou lorsque léchographie montre un épaississement de la paroi
vésiculaire. La perforation, la gangrène et lempyème sont des complications
fréquentes. Le meilleur traitement est le recours rapide à la cholécystectomie.
La prévention est possible chez certains patients recevant une nutrition parentérale
totale (sans ingestion par voie orale) après avoir subi une intervention
chirurgicale majeure, un traumatisme ou des brûlures. Des injections quotidiennes
de cholécystokinine (CCK) peuvent prévenir la formation de boue biliaire
et sa complication, la cholécystite.
3.2.2
CHOLÉCYSTITE CHRONIQUE NON LITHIASIQUE
La douleur de type biliaire récidivante en labsence de calculs a été associée
avec une inflammation plutôt modeste. On pense quelle serait attribuable à
un trouble moteur, à une altération de la vidange de la vésicule biliaire, doù
lappellation
« dyskinésie biliaire ». Le soulagement de la colique biliaire
peut être observé à la suite de la cholécystectomie. Les symptômes sont souvent
mal définis (ayant parfois les caractéristiques du syndrome du côlon irritable
ou dune dyspepsie non ulcéreuse); labsence de calculs rend le diagnostic
difficile. La vidange anormale de la vésicule en réponse à la CCK peut
être évidente à la choléscintigraphie. La sensibilité et la spécificité de ces
examens ne sont pas évidentes. La perfusion de CCK seule peut reproduire la
douleur biliaire, mais la valeur de cette épreuve de provocation est douteuse.
Laffection demeure mal définie. Chez certains patients, le problème trouve
son origine dans un dysfonctionnement du sphincter dOddi. Par ailleurs, dans
de nombreux cas, cette affection peut représenter une facette du syndrome du
côlon irritable.
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3.3 Cholécystoses
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La
cholestérolose
consiste en des dépôts desters de cholestérol et de triglycérides
à lintérieur de la paroi vésiculaire. Ces dépôts dans la sous-muqueuse
produisent un fin motif réticulé jaune sur fond rouge de la muqueuse légèrement
enflammée, ce qui donne laspect dune fraise, doù le terme « vésicule
fraise ». Quelques-uns des dépôts de cholestérol font saillie comme des polypes que lon peut dépister à léchographie. Aucun ensemble bien défini de
symptômes ne caractérise ce trouble. Bien quon le découvre souvent de façon
fortuite au moment de lautopsie, il est parfois associé avec de vagues plaintes
de dyspepsie, le syndrome du côlon irritable ou une douleur récidivante dans
lhypocondre droit. Limportance des épreuves de provocation par la CCK
pour reproduire la douleur ou démontrer une diminution de la vidange de la
vésicule à la choléscintigraphie quantitative nest pas évidente.
L
adénomyose
est caractérisée par une hyperplasie de la muqueuse vésiculaire
et par de profondes fissures. La signification de tout symptôme de type
biliaire en corrélation avec le dépistage de ce trouble est discutable.
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3.4 Syndrome postcholécystectomie
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La cholécystectomie soulage les symptômes de la plupart, mais non de tous
les patients atteints de lithiase biliaire. Il arrive quelquefois quun patient
souffre de diarrhée à la suite dune cholécystectomie, peut-être parce qua été
démasquée une malabsorption des acides biliaires, lesquels provoquent une
diarrhée. Les symptômes persistent ou réapparaissent dans 5 % à 50 % des
cas, selon les biais de sélection. Le plus souvent, la plainte initiale nétait pas
une véritable douleur biliaire, mais plutôt une douleur causée par une
oesophagite par reflux, un ulcère gastro-duodénal ou le syndrome du côlon
irritable. Il peut y avoir récidive dun trouble des voies biliaires si lon a
négligé de diagnostiquer une sténose biliaire, la rétention dun calcul dans le
cholédoque ou même une maladie du pancréas. Dans les cas suspects, la
CPRE est indiquée. À loccasion, un rétrécissement (sténose de la papille) ou
un tonus accru du sphincter dOddi (dysfonction du sphincter) peuvent
entraîner une douleur de type biliaire récidivante, souvent accompagnée
danomalies du bilan hépatique ou dune augmentation de lamylase sérique.
La scintigraphie (choléscintigraphie) et la mesure de la pression dans le
sphincter dOddi (manométrie) fournissent des indices diagnostiques. La
sphinctérotomie endoscopique soulage la douleur chez certains patients sélectionnés
(< 50 %).
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3.5 Néoplasmes de la vésicule biliaire
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Le
cancer
(carcinome) de la vésicule biliaire est heureusement peu courant,
car son pronostic est extrêmement sombre. Ladénocarcinome peut généralement
être guéri si on le découvre par hasard au moment dune cholécystectomie
réalisée à cause dune lithiase biliaire. Des calculs sont présents dans la
plupart (75 %) des cas et ne sont probablement que des « témoins innocents »
et non des agents causals (
figure 2
). Les risques de néoplasie sont trop faibles
pour que lon préconise une cholécystectomie prophylactique chez les nombreux
patients atteints de lithiase asymptomatique. Une vésicule porcelaine
dont la paroi contient des calcifications prédispose à ladénocarcinome et justifie
la cholécystectomie. Les calculs de plus de 3 cm constituent aussi un facteur
de risque de cancer.
Le cancer de la vésicule biliaire se manifeste sur le plan clinique par les
symptômes suivants : douleur, masse dure dans lhypochondre droit, ictère,
prurit et perte de poids. Léchographie et la tomodensitométrie aident à définir
la tumeur et les métastases. Le pronostic est sombre puisque le plus souvent
le cancer a une tendance à lenvahissement. La survie à cinq ans est inférieure
à 5 %. Le traitement est palliatif; la plupart des tumeurs ne peuvent être
réséquées à moins davoir été découvertes par hasard au moment de la cholécystectomie.
Les
tumeurs bénignes
de la vésicule sont rares. Les adénomes sont asymptomatiques;
ils sont décelés à léchographie ou découverts par hasard à la
chirurgie. De petites masses dans la paroi de la vésicule biliaire sont toutefois
souvent visibles à léchographie; lorsquelles sont nombreuses, elles représentent
généralement des polypes de cholestérol ou des calculs adhérents. Si des
masses polypiformes sont décelées à léchographie, il faudra répéter lexamen
dans six mois. Si elles sont supérieures à 1 cm, lintervention chirurgicale
simpose afin dexclure un cancer.
 
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