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Le syndrome hépatorénal est un syndrome dinsuffisance rénale en évolution chez un patient atteint dune insuffisance hépatocellulaire grave, habituellement une cirrhose avancée. Dans la plupart des cas, lurémie et loligurie qui caractérisent ce syndrome prennent naissance soit spontanément, soit en réaction à des modifications du volume sanguin ou à des échanges hydriques à lintérieur des espaces corporels. Les patients sont rarement hospitalisés en raison de ce diagnostic; lapparition de ce syndrome est habituellement précipitée par des événements survenant à lhôpital, lesquels peuvent être un traitement diurétique trop vigoureux, une diarrhée ou une hémorragie gastro-intestinale. Laspect histologique des reins est pratiquement normal, linsuffisance rénale étant une insuffisance fonctionnelle. De tels reins ont été greffés avec succès et ont fonctionné normalement. Réciproquement, si la fonction hépatique est restaurée par une greffe du foie, la fonction rénale peut redevenir normale. Ce syndrome comporte des anomalies du débit sanguin rénal, notamment une vasoconstriction rénale active, ce qui réduit la circulation rénale efficace, particulièrement la circulation en direction du cortex du rein. La cause de ce phénomène est inconnue, mais il semble sagir dun déséquilibre entre les vasodilatateurs circulants et les mécanismes rénaux de vasoconstriction. Aux premiers stades, la dysfonction rénale se caractérise par une incapacité à excréter une charge hydrique, par une réduction du sodium urinaire qui se chiffre à moins de 10 mEq/L et par une hyponatrémie progressive ( tableau 22 ). Il existe habituellement une ascite. Au fur et à mesure que le syndrome évolue, lazotémie augmente; elle saccompagne habituellement dune insuffisance hépatique et dune difficulté croissante à maîtriser lascite. Le sodium est avidement réabsorbé et losmolalité urinaire saccroît. Le patient devient somnolent, il a soif et il a la nausée. En phase terminale, la tension artérielle du patient chute, le coma devient plus profond et le volume urinaire diminue davantage. La phase terminale peut durer de quelques jours à plusieurs semaines.
Sur le plan clinique, il est important de distinguer le syndrome hépatorénal des autres causes dinsuffisance rénale. Il faut éliminer la possibilité dune insuffisance rénale iatrogène, notamment dune maladie médicamenteuse produite par des aminosides et par des anti-inflammatoires non stéroïdiens. Le syndrome hépatorénal doit aussi être distingué de lazotémie extrarénale et de la nécrose tubulaire aiguë. Dans la nécrose (NTA) tubulaire aiguë, la concentration de sodium urinaire est élevée. Bien que lazotémie extrarénale puisse montrer une fonction tubulaire semblable, cette possibilité est éliminée : dabord à cause du contexte clinique dans lequel survient le syndrome hépatorénal et, en second lieu, en raison de labsence des bienfaits prolongés que devrait entraîner lexpansion du volume intravasculaire avec remplacement colloïdal. De plus, la cirrhose, particulièrement la cirrhose alcoolique, peut laisser des dépôts intracapillaires dIgA dans les glomérules rénaux, ce qui est diagnostiqué par une protéinurie avec microhématurie et cylindres. Lhépatite B peut causer une glomérulonéphrite qui devrait être décelable par les cylindres hématiques et la protéinurie. La toxicité de lacétaminophène peut également entraîner une insuffisance hépatique et une insuffisance rénale concomitantes accompagnées dune excrétion sodique urinaire élevée. Le traitement du syndrome hépatorénal confirmé est difficile. Aussi laccent est-il mis sur la prévention, qui consiste à éviter les surdoses de diurétiques, à faire un traitement lent de lascite et à reconnaître précocement les complications, notamment les déséquilibres électrolytiques, les hémorragies et les infections. Le traitement conservateur comporte une restriction de lingestion de liquides, de sodium et de potassium. Tous les médicaments potentiellement néphrotoxiques doivent être retirés et un bilan doit être effectué afin de déceler les infections microbiennes. Lexpansion volumique au moyen dalbumine ne donne quune amélioration transitoire. Les solutés salins isotoniques sont habituellement avidement retenus, ce qui aggrave lascite et peut précipiter un oedème pulmonaire. Le mannitol nest pas employé, car il peut provoquer une acidose intracellulaire. La dialyse naméliore pas le taux de survie. La combinaison finale dune hyperazotémie, dune hyponatrémie et dune hypotension marque la phase terminale de la maladie. Une greffe du foie doit être envisagée, mais elle aurait probablement dû être offerte aux patients plus tôt au cours de leur hépatopathie.
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