
 
18. TROUBLES
VASCULAIRES DU FOIE
L.J. Worobetz |
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L’anomalie circulatoire la plus fréquente
qui affecte le foie est l’insuffisance cardiaque, qui entraîne un
ralentissement du flux sanguin à partir du foie. Les autres causes de la
congestion hépatique comprennent donc la péricardite constrictive,
l’obstruction de la veine cave inférieure et des veines hépatiques
(syndrome de Budd-Chiari) et l’occlusion des petites veines hépatiques
(maladie veino-occlusive). L’accroissement de la résistance à
l’irrigation veineuse hépatique provoque une hépatomégalie
congestive, une dilatation des veinules hépatiques et des sinusoïdes,
ainsi qu’une hypoxie. À son tour, l’hypoxie occasionne une atteinte
des hépatocytes avec possibilité de fibrose et de cirrhose, cette dernière
maladie portant le nom de cirrhose cardiaque.
| 18.1
Insuffisance cardiaque |
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Les manifestations cliniques de
l’insuffisance cardiaque comprennent une hypertrophie du foie, lequel
est sensible à la palpation, et une gêne abdominale. Dans
l’insuffisance tricuspidienne, le foie peut être pulsatile. S’il
existe une ascite, elle présente souvent un exsudat à teneur élevée en
protéines. Les anomalies biochimiques caractéristiques sont une légère
hyperbilirubinémie accompagnée d’une élévation modérée des
transaminases (inférieure à 300) et d’une faible augmentation de la
phosphatase alcaline, particulièrement dans les cas de congestion aiguë.
Dans l’atteinte ischémique du foie, la concentration des transaminases
peut être assez élevée (en raison de la nécrose), simulant ainsi une hépatite,
d’où le terme d’hépatite ischémique. Le pronostic est directement
fonction de la gravité de l’insuffisance cardiaque sous-jacente et des
résultats du traitement de cette insuffisance.
| 18.2
Thrombose veineuse hépatique (syndrome de Budd-Chiari) |
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La thrombose veineuse hépatique est une
maladie rare qui peut se produire en même temps qu’une thrombose de la
veine cave inférieure ou en association avec cette dernière. Elle peut
être associée avec une polyglobulie vraie, une hémoglobinurie
paroxystique nocturne, une hypercoagulabilité, l’emploi de
contraceptifs oraux ou une néoplasie, ou elle peut être secondaire à
une oblitération causée par un tissu membraneux. Elle peut survenir de
façon aiguë, accompagnée d’une hépatomégalie se développant
rapidement, d’une ascite et d’une douleur abdominale conduisant à
l’insuffisance hépatique et au coma. Le tableau clinique de sa forme
chronique est habituellement celui d’une ascite en évolution. Le degré
d’élévation des transaminases est variable et dépend de la rapidité
d’apparition de la thrombose. La biopsie du foie met en évidence de
grandes étendues hémorragiques avec congestion, atrophie et nécrose
autour du centre du lobule. La scintigraphie aux radiocolloïdes du foie
et de la rate peut aider à poser le diagnostic; elle montre une
hypofixation dans les zones drainées par la veine hépatique oblitérée,
exception faite pour le lobe caudé, dont le drainage se fait directement
dans la veine cave et qui est relativement épargné (c’est-à-dire que
la fixation y est normale ou augmentée). Des explorations ultrasoniques
des veines hépatiques par effet Doppler permettent de cerner davantage
l’altération du flux sanguin dans ces veines. L’examen concluant est
une phlébographie de la veine cave inférieure dans la région hépatique
qui révèle une oblitération des veines hépatiques. En supposant
l’absence de lésions corrigibles, comme un blocage par un tissu
membraneux, le traitement par les anticoagulants et par la streptokinase
donne rarement de bons résultats. La plupart des patients qui ont une
thrombose aiguë meurent d’une insuffisance hépatique et d’un coma hépatique.
Il peut parfois s’avérer utile d’effectuer une anastomose porto-cave
ou mésentérico-cave pour permettre la décompression.
| 18.3 Maladie
veino-occlusive |
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La maladie veino-occlusive est une oblitération
des veines intra-hépatiques de petite et de moyenne taille. Parmi les
facteurs étiologiques, on compte l’emploi de pyrroline, d’alcaloïdes,
d’azathioprine, l’irradiation du foie et la réaction du greffon
contre l’hôte liée à une greffe de la moelle osseuse. Les
manifestations de la maladie veino-occlusive ressemblent à celles du
syndrome de Budd-Chiari. Sous sa forme aiguë, la maladie peut se traduire
par une hépatomégalie, une ascite et une insuffisance hépatique. La
forme chronique aboutit à une cirrhose et à une hypertension portale
avec varices oesophagiennes. La biopsie du foie met typiquement en évidence
une congestion intense autour des veinules hépatiques avec épaississement
oblitérant des veines hépatiques. Il n’existe aucun traitement
efficace. Il peut être nécessaire de combattre l’ascite. Certains
patients connaissent un rétablissement spontané, tandis que d’autres
finissent par présenter une cirrhose avec les séquelles que sont
l’hypertension portale, les varices et l’ascite. Pour plusieurs
patients, la greffe du foie représente le seul espoir possible.
| 18.4
Thrombose de la veine porte |
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La thrombose du système veineux porte peut
être le résultat d’un trauma, d’une pancréatite, d’une néoplasie
(p. ex. un hépatome malin), d’une septicémie ombilicale néonatale ou
d’une pyléphlébite, ou être une complication de la cirrhose, ou
encore être idiopathique. Les patients présentent habituellement une hématémèse
massive qui est récurrente. La rate est volumineuse et les résultats des
épreuves biochimiques du foie sont normaux ou seulement un peu élevés.
Comme la fonction hépatique est habituellement normale, l’ascite et
l’encéphalopathie sont peu fréquentes et les épisodes hémorragiques
sont mieux tolérés. Le diagnostic peut être confirmé à l’aide
d’explorations ultrasoniques spéciales par effet Doppler de la veine
porte, d’une splénoportographie ou d’un temps veineux de
l’angiographie hépatique, ou de ces deux dernières techniques à la
fois. Si l’hématémèse récurrente causée par les varices
oesophagiennes exige un traitement, la sclérothérapie peut s’avérer nécessaire.
Étant donné que dans ces circonstances, le parenchyme hépatique est
normal, l’emploi de méthodes chirurgicales telles qu’une anastomose mésentérico-cave
peut être envisagé et même donner de meilleurs résultats qu’en présence
d’une hépatopathie chronique.
  
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