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Chapitre 15:
Pédiatrie
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Remerciements
Déni de responsabilité

 

 

 


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3. COLIQUE
D.J. Morrison
page 652

Le terme colique est utilisé pour décrire des pleurs intenses ou excessifs, ou de l’irritabilité chez un nourrisson qui par ailleurs est en bonne santé. Ce problème débute en général au cours de la deuxième ou de la troisième semaine de la vie et disparaît lorsque le bébé atteint trois ou quatre mois (bien qu’il puisse persister plus longtemps). On a utilisé différentes définitions pour les pleurs excessifs. La plus utile est probablement la « règle de trois » de Wessel : plus de trois heures par jour, plus de trois jours par semaine, pendant plus de trois semaines. Le moment de la journée où la colique est le plus fréquente semble être le début de la soirée. Dans les cas extrêmes, les pleurs peuvent survenir durant le jour et la nuit. Des études prospectives ont démontré que la colique est fréquente. Le D r T.B. Brazleton, à l’aide de journaux des pleurs tenus par les parents, a constaté que 35 % des nourrissons âgés de six semaines pleuraient pendant plus de trois heures par jour. Généralement, ces nourrissons pleurent plus longtemps que les autres nourrissons, quoique pas plus fréquemment, et sont plus difficiles à consoler.

L’étiologie de la colique est inconnue. Si on l’a décrite comme un trouble du développement, c’est parce qu’elle survient chez des bébés en bonne santé, qu’elle se conforme aux caractéristiques des pleurs des nourrissons normaux et qu’elle disparaît sans laisser de séquelles.

La colique survient aussi fréquemment chez les nourrissons nourris au sein que chez ceux qui sont nourris avec un lait maternisé. La question d’intolérance au lait comme cause possible de la colique est souvent soulevée et les changements de préparation de lait constituent une intervention couramment essayée. La sensibilité aux protéines du lait de vache cause probablement des coliques chez un petit sous-groupe de nourrissons. Ces nourrissons peuvent aussi perdre du poids, vomir et avoir des diarrhées. Avec de tels antécédents, il serait approprié de faire l’essai d’une formule à base d’hydrolysat de caséine. Il ne semble pas y avoir de différence quant à la malabsorption du lactose ou des glucides entre les patients atteints de colique et ceux qui n’en souffrent pas.

Comme étiologie, on a proposé une immaturité intestinale accompagnée d’un retard du développement des caractéristiques normales d’activité motrice intestinale ayant comme résultat une faible propulsion. De nombreux nourrissons souffrant de colique paraissent incommodés, ils soulèvent leurs jambes et ont des gaz. Cela peut survenir après qu’ils ont avalé de l’air en pleurant. En général, les antispasmodiques et les antiflatulents ne se sont pas avérés utiles. Certaines données indiquent qu’un antispasmodique particulier, le chlorhydrate de dicyclomine, serait efficace; toutefois, des inquiétudes liées à l’insuffisance respiratoire et à l’apnée en excluent l’utilisation. Les hormones intestinales peuvent jouer un rôle dans la colique; cependant, ce phénomène n’est pas encore très bien compris.

On a déjà attribué les coliques à des « mères trop anxieuses », mais cette hypothèse n’a reçu aucune confirmation scientifique. Il est évident que les pleurs prolongés d’un bébé ne peuvent que provoquer de l’anxiété chez les parents. Au moment d’évaluer un patient qui souffre de coliques, il est d’abord essentiel de faire une anamnèse approfondie afin d’éliminer toute cause pathologique à l’origine des pleurs. Il faut s’informer du mode d’alimentation, de la préparation de la formule, de la méthode utilisée pour faire faire les éructations et pour calmer l’enfant. Afin d’avoir une description précise de la durée des pleurs, il est utile de demander à la mère de tenir un journal durant quelques jours. Un examen physique minutieux doit être fait dans le but d’évaluer la croissance et le développement, et d’exclure toute maladie, en particulier l’infection ou une occlusion intestinale. Si aucune cause apparente n’est trouvée pour expliquer les pleurs, il est d’abord essentiel de soulager les parents de leur sentiment de culpabilité et de les rassurer en leur expliquant qu’ils ne sont pas la cause de la colique. Il peut être très utile d’expliquer l’évolution naturelle des coliques (fréquence et durée). Essayer différents moyens de calmer le bébé (p. ex. promenade dans un porte-bébé, promenade en automobile ou berceuse automatique) peut être utile. La meilleure intervention consiste souvent à conseiller aux parents de prendre un peu de répit (avoir recours à une gardienne ou même prendre une fin de semaine de congé). Enfin, l’essai d’une formule de caséine hydrolysée pour le bébé ou d’une alimentation sans lait pour la mère qui allaite peut être utile particulièrement en présence de symptômes additionnels suggérant une allergie alimentaire.


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