
 
3. COLIQUE
D.J. Morrison |
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Le terme colique est utilisé pour décrire
des pleurs intenses ou excessifs, ou de l’irritabilité chez un
nourrisson qui par ailleurs est en bonne santé. Ce problème débute en général
au cours de la deuxième ou de la troisième semaine de la vie et disparaît
lorsque le bébé atteint trois ou quatre mois (bien qu’il puisse
persister plus longtemps). On a utilisé différentes définitions pour
les pleurs excessifs. La plus utile est probablement la « règle de trois
» de Wessel : plus de trois heures par jour, plus de trois jours par
semaine, pendant plus de trois semaines. Le moment de la journée où la
colique est le plus fréquente semble être le début de la soirée. Dans
les cas extrêmes, les pleurs peuvent survenir durant le jour et la nuit.
Des études prospectives ont démontré que la colique est fréquente. Le
D r T.B. Brazleton, à l’aide de journaux des pleurs tenus
par les parents, a constaté que 35 % des nourrissons âgés de six
semaines pleuraient pendant plus de trois heures par jour. Généralement,
ces nourrissons pleurent plus longtemps que les autres nourrissons,
quoique pas plus fréquemment, et sont plus difficiles à consoler.
L’étiologie de la colique est inconnue.
Si on l’a décrite comme un trouble du développement, c’est parce
qu’elle survient chez des bébés en bonne santé, qu’elle se conforme
aux caractéristiques des pleurs des nourrissons normaux et qu’elle
disparaît sans laisser de séquelles.
La colique survient aussi fréquemment chez
les nourrissons nourris au sein que chez ceux qui sont nourris avec un
lait maternisé. La question d’intolérance au lait comme cause possible
de la colique est souvent soulevée et les changements de préparation de
lait constituent une intervention couramment essayée. La sensibilité aux
protéines du lait de vache cause probablement des coliques chez un petit
sous-groupe de nourrissons. Ces nourrissons peuvent aussi perdre du poids,
vomir et avoir des diarrhées. Avec de tels antécédents, il serait
approprié de faire l’essai d’une formule à base d’hydrolysat de
caséine. Il ne semble pas y avoir de différence quant à la
malabsorption du lactose ou des glucides entre les patients atteints de
colique et ceux qui n’en souffrent pas.
Comme étiologie, on a proposé une
immaturité intestinale accompagnée d’un retard du développement des
caractéristiques normales d’activité motrice intestinale ayant comme résultat
une faible propulsion. De nombreux nourrissons souffrant de colique
paraissent incommodés, ils soulèvent leurs jambes et ont des gaz. Cela
peut survenir après qu’ils ont avalé de l’air en pleurant. En général,
les antispasmodiques et les antiflatulents ne se sont pas avérés utiles.
Certaines données indiquent qu’un antispasmodique particulier, le
chlorhydrate de dicyclomine, serait efficace; toutefois, des inquiétudes
liées à l’insuffisance respiratoire et à l’apnée en excluent
l’utilisation. Les hormones intestinales peuvent jouer un rôle dans la
colique; cependant, ce phénomène n’est pas encore très bien compris.
On a déjà attribué les coliques à des
« mères trop anxieuses », mais cette hypothèse n’a reçu aucune
confirmation scientifique. Il est évident que les pleurs prolongés
d’un bébé ne peuvent que provoquer de l’anxiété chez les parents.
Au moment d’évaluer un patient qui souffre de coliques, il est
d’abord essentiel de faire une anamnèse approfondie afin d’éliminer
toute cause pathologique à l’origine des pleurs. Il faut s’informer
du mode d’alimentation, de la préparation de la formule, de la méthode
utilisée pour faire faire les éructations et pour calmer l’enfant.
Afin d’avoir une description précise de la durée des pleurs, il est
utile de demander à la mère de tenir un journal durant quelques jours.
Un examen physique minutieux doit être fait dans le but d’évaluer la
croissance et le développement, et d’exclure toute maladie, en
particulier l’infection ou une occlusion intestinale. Si aucune cause
apparente n’est trouvée pour expliquer les pleurs, il est d’abord
essentiel de soulager les parents de leur sentiment de culpabilité et de
les rassurer en leur expliquant qu’ils ne sont pas la cause de la
colique. Il peut être très utile d’expliquer l’évolution naturelle
des coliques (fréquence et durée). Essayer différents moyens de calmer
le bébé (p. ex. promenade dans un porte-bébé, promenade en automobile
ou berceuse automatique) peut être utile. La meilleure intervention
consiste souvent à conseiller aux parents de prendre un peu de répit (avoir
recours à une gardienne ou même prendre une fin de semaine de congé).
Enfin, l’essai d’une formule de caséine hydrolysée pour le bébé ou
d’une alimentation sans lait pour la mère qui allaite peut être utile
particulièrement en présence de symptômes additionnels suggérant une
allergie alimentaire.
  
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