
 
| 2. PRINCIPES DE BASE
DE L’INFECTION PAR LE VIH |
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Le VIH est un rétrovirus humain transmis
principalement par le contact entre le sang et des liquides organiques
infectés, un mode de transmission semblable à celui du virus de l’hépatite
B. Le virus infecte principalement la population de lymphocytes CD4, qui
assurent la fonction de cellules auxiliaires; l’immunodéficience apparaît
au fur et à mesure que le nombre de lymphocytes CD4 diminue. C’est
surtout l’immunité cellulaire qui est atteinte, mais il en résulte également
une difficulté à obtenir une réponse immunitaire par les lymphocytes B.
En conséquence, le patient devient sensible aux infections et aux néoplasies.
Normalement, l’être humain a de 600 à 800 x 106 lymphocytes
CD4/mL. Les personnes atteintes du VIH perdent graduellement leurs
lymphocytes CD4. Il survient rarement des infections opportunistes ou des
néoplasies avant que le nombre de lymphocytes CD4 diminue à moins de 300
x 106 /mL. Certaines infections ne se manifestent qu’à
partir du moment où le nombre de lymphocytes CD4 est inférieur à 100 x
106 /mL. On sait également que le VIH infecte d’autres
populations cellulaires, telles que les macrophages, les cellules
nerveuses et peut-être même les entérocytes. Celles-ci peuvent servir
de réservoir au virus, qui peut être latent sur le plan clinique.
Parmi les personnes présentant un risque
élevé de contracter une infection par le VIH, on compte les hommes
homosexuels ou bisexuels, les utilisateurs de drogues injectables, les hémophiles
et toute personne ayant reçu une transfusion de sang ou des produits
sanguins avant le dépistage universel du sang effectué à partir de
1985. Les personnes hétérosexuelles qui ont des rapports sexuels non
protégés avec des partenaires infectés courent également un risque
important et constituent, à l’heure actuelle, le groupe qui connaît la
plus forte augmentation d’infections par le VIH en Amérique du Nord. En
Afrique, où l’infection à VIH est endémique, les rapports sexuels non
protégés chez les hétérosexuels sont le mode de transmission le plus
courant du VIH. Devant un patient qui pourrait être infecté par le VIH,
il est important que le médecin obtienne un compte rendu détaillé de
ses antécédents en ce qui a trait aux facteurs de risques, y compris
l’orientation et les pratiques sexuelles, l’usage de drogues
injectables, l’exposition à du sang et à des produits sanguins, et les
voyages effectués dans des régions où le virus est endémique.
Nombre de médecins ont de la difficulté
à parler d’orientation et de pratiques sexuelles avec leurs patients.
Il est souvent préférable de demander directement au patient s’il est
hétérosexuel, homosexuel ou bisexuel. Lorsque le patient est un homme,
on peut formuler la question en lui demandant s’il a déjà eu des
rapports sexuels avec des hommes. De nombreuses personnes se considèrent
hétérosexuelles même si elles ont déjà eu des relations sexuelles
avec des personnes du même sexe. Il faut s’informer sur l’activité
et les pratiques sexuelles du patient en lui demandant combien de
partenaires sexuels il a eu dans le passé et s’il a déjà eu des
rapports anaux. En effet, le rapport anal non protégé constitue, pour la
personne qui subit la pénétration, la pratique sexuelle la plus risquée
en ce qui concerne la transmission du VIH. Il est également important de
savoir si le patient a déjà eu d’autres maladies transmises
sexuellement, car cela suggère la pratique d’activités sexuelles à
haut risque. La présence de lésions ouvertes au cours de rapports
sexuels non protégés pourrait également accroître le risque de
transmission du VIH. Il est important d’aborder ces questions en
adoptant une approche clinique et en n’émettant pas de jugement sur
l’orientation ou les pratiques sexuelles du patient, car cela pourrait
compromettre la relation médecin-patient. Les patients qui se sentent jugés
ou qui perçoivent une réaction négative de la part du médecin seront
moins portés à discuter franchement de ces questions avec lui.
Le syndrome d’immunodéficience acquise (sida)
résulte de l’infection par le VIH et de l’immunodéficience qui en découle.
Habituellement, le diagnostic du sida repose sur un résultat positif à
l’épreuve sérologique, accompagné d’une infection opportuniste,
d’une néoplasie ou d’un nombre de lymphocytes CD4 inférieur à 200 x
106 /mL. À l’heure actuelle, il semble que la plupart des
personnes infectées par le VIH finiront par être atteintes du sida;
cependant le rythme d’évolution de la maladie est variable. La littérature
indique clairement que le traitement par des antirétroviraux ralentit
l’évolution du VIH vers le sida et prolonge la vie des sidéens. Les
antirétroviraux le plus couramment utilisés sont les nucléosides
inhibiteurs de la transcriptase inverse suivants : la zidovudine (AZT), la
didéoxyinosine (ddI), la didéoxycytidine (ddC), la stavudine (d4T) et la
lamivudine (3TC). Parmi les nouveaux médicaments prometteurs actuellement
à l’étude, on compte les inhibiteurs des protéases (siquinavir,
ritonivir et indinavir) et les inhibiteurs de la transcriptase inverse qui
ne sont pas des nucléosides. Il semble que l’association de deux ou de
trois médicaments soit plus efficace qu’un traitement par un seul médicament,
et qu’elle diminue la fréquence de la résistance aux médicaments. On
recommande actuellement d’entreprendre un traitement antirétroviral à
l’AZT uniquement ou en association avec un autre médicament lorsque le
nombre de lymphocytes CD4 chute en deçà de 500 x 106 /mL. La
meilleure association d’antirétroviraux reste à déterminer. Lorsque
l’immunosuppression s’aggrave, on recommande également un traitement
prophylactique, en raison de la manifestation courante de certaines
infections opportunistes, telles que la pneumonie à Pneumocystis
carinii, Mycobacterium avium intra-cellulare et la toxoplasmose.
  
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